Avis aux amateurs, le bâtiment occupé par Toit&Moi à la Place du Chapitre à Mons est à vendre. La Fondation Cornez, qui occupe à proximité la Maison de la Réunion, avait bien fait une offre de rachat pour 950.000 euros. Mais comme on le sait, cette offre a été retirée dans un climat de polémique. Elle avait pourtant été validée par le conseil d'administration de Toit&Moi. Si bien que les administrateurs MR de la société de logement réclamaient des indemnités ou le maintien de la vente, estimant sur base de l'article 1583 du Code civil que la Fondation Cornez avait violé ce qui pouvait être considéré comme une vente parfaite.

L'enjeu n'est pas mince. Le bâtiment est en vente depuis un certain temps et n'a pas attiré une foule d'amateurs. La Fondation Cornez était d'ailleurs la seule à avoir remis une offre. Quant aux indemnités, elles pourraient s'élever à près de 100.000 euros. Mais la majorité du conseil d'administration de Toit&Moi a décidé de ne pas les réclamer, au grand dam du MR. "Les administrateurs socialistes ont préféré couvrir l'action du gouverneur du Hainaut qui préside la Fondation Cornez. Quand le bâtiment sera squatté, on en reparlera", regrette Hervé Jacquemin (MR). "Nous avions la possibilité d'aller chercher 100.000 euros. Cette somme aurait pu compenser une perte éventuelle si nous devions vendre le bâtiment moins cher. Elle aurait pu aussi couvrir des frais de sécurisation si le bâtiment devait rester vide un certain temps."

Mais pour le nouveau président de Toit&Moi, la société a plus à perdre qu'à gagner. "La vente ne pouvait pas être considérée comme parfaite, car la Fondation Cornez a envoyé son retrait avant d'être notifiée que le conseil d'administration de Toit&Moi avait validé son offre", précise Marc Darville (PS). "La vente peut être considérée comme parfaite, lorsque le vendeur a informé l'acheteur que la vente est conclue. Ce n'était pas le cas ici. La Fondation Cornez a confirmé par courrier l'inexactitude du sentiment des administrateurs MR en reprenant toutes les références de la jurisprudence sur ce type de dossier. Nous pourrions l'ignorer et aller devant les tribunaux. Mais nous aurions toutes les chances d'être déboutés et la vente serait bloquée durant des mois, faisant perdre de sa valeur au bâtiment."

Le problème aurait-il pu être évité si l'approbation de la vente avait été notifiée plus rapidement à la Fondation Cornez? "Entre le conseil d'administration qui a approuvé la vente et l'annonce du retrait, il n'y a eu que deux jours", indique John Joos, ancien président de Toit&Moi. "C'est court. D'autant plus que dans le PV du CA, nous avions deux pages et demie de débats houleux alors qu'au moment du conseil, il n'y avait qu'une demi-page de considérants. Le PV n'avait pas encore été approuvé, il était donc nécessaire de procéder à quelques vérifications. Enfin, on peut toujours se demander pourquoi la Fondation Cornez a retiré son offre. Je rappelle que ce n'est pas moi qui suis sorti dans la presse pour faire part des tensions qu'il y avait eu au CA sur cette vente. J'estime en effet qu'on peut avoir tous les débats qu'on veut au sein du conseil, mais à l'extérieur, on représente la société de logement et on défend ses intérêts."

Tout ça pour ça, conclurait Claude Lelouch. La meilleure solution maintenant pour Toit&Moi? Trouver rapidement un acheteur. La société de logement devrait en effet bientôt quitter le bâtiment de la Place du Chapitre pour installer ses bureaux à Ghlin. Reste à voir si les amateurs, déjà rares, se feront plus nombreux malgré un contexte socio-économique moribond…