Mons

Nous avons rencontré la famille Capon-Decroly après cette première journée de défi.

Est-il possible de vivre dans la Cité du Doudou sans voiture ? La Ville de Mons a lancé le défi pour une semaine. Trois familles ont accepté de le relever.

Nous avons rencontré les Capon-Decroly à Cuesmes. Mathieu et Astrid sont enseignants au collège Saint-Stanislas. Leurs enfants Rosaline et Oscar, âgés respectivement de 9 et 6 ans, fréquentent l’école primaire du Sacré-Coeur, juste à côté. Ça facilite les choses…

Et pour cause, les Capon-Decroly sont déjà des adeptes du vélo. "Je ne conduis jamais, j’ai été éduquée comme ça", explique Astrid. "Et nous avons déjà organisé notre vie de manière à limiter les trajets."

Mais de là à ne jamais utiliser la voiture, il y a un pas que Mathieu n’avait jamais franchi jusqu’ici. "Je l’utilise encore pour les grandes courses une à deux fois par mois, au supermarché", confie le patriarche. "Pour conduire les enfants à l’école, j’avais aussi tendance à privilégier la voiture. Mais je me sens tellement ridicule dans les bouchons. Tout le monde est bloqué dans sa voiture, à faire la file dans la même direction. C’est absurde."

Alors, dans la foulée du Nouvel An, notre famille montoise avait pris la bonne résolution de se rendre à l’école à vélo. "On s’y était bien préparé. Mais janvier, ce n’est pas le moment idéal pour s’y mettre. On est vite retourné au confort de la voiture", sourit Mathieu. "Néanmoins, quand nous avons vu passer ce défi lancé par la Ville de Mons, on s’est dit que c’était l’occasion d’appliquer enfin notre bonne résolution."

Lundi était donc le premier jour de cette expérience montoise inédite. "Ça se passe bien. Il faut surtout faire attention aux incivilités des automobilistes et avoir un œil sur les enfants", relève Astrid. "Il y a un manque d’infrastructures qui ne facilite pas les choses. Mais à côté de ça, les avantages sont nombreux. Je réduis mon empreinte écologique, je fais du sport, je profite du paysage, je n’ai pas de problèmes de parking et j’évite les bouchons."

Pas besoin de convaincre les Capon-Decroly des bienfaits de la petite reine. Mais… "En acceptant le défi, nous voulions aussi prouver au plus grand nombre que c’est possible d’éviter au maximum la voiture", ajoute Mathieu. "Nous ne sommes pas membres du Gracq ou d’Ecolo. Nous sommes des citoyens ordinaires. Et si nous pouvons le faire, alors beaucoup de gens le peuvent aussi."

Ça semble donc bien embarqué pour cette famille montoise. Mais il faudra encore tenir toute la semaine sans faire vrombir le moteur de la voiture familiale. À noter que la Ville met à disposition des participants des abonnements pour les transports en commun. Au cas où…


Travailler les comportements

MONS Ce défi des familles est une expérience inédite. "C’est toujours compliqué pour une ville de travailler sur les comportements des gens. Or en mobilité, c’est un travail très important", souligne Charlotte De Jaer, échevine de la Mobilité. "C’est pourquoi nous avons eu cette idée. L’objectif est que les participants puissent relayer leur expérience pour montrer qu’il possible de limiter très fort l’usage de la voiture. L’objectif est qu’il puisse aussi nous relayer ce qui ne va pas, on sait que les infrastructures ne sont pas parfaites."

L’échevine de la Mobilité envisage d’ailleurs de réitérer l’expérience tous les deux ou trois mois avec des petits groupes de citoyens, sans médiatisation. "C’est une manière d’encourager les citoyens dans cette démarche. On peut se dire qu’on peut se passer de la voiture, ou en tout cas l’utiliser moins ou même n’en avoir qu’une par ménage dans certains cas."