Mons

Pour sa troisième saison à la barre du paquebot montois, Salvatore Anzalone vise les 80.000 entrées.

Une nouvelle saison se dessine à l’affiche du Théâtre royal de Mons. Avec de quoi jouer à guichets fermés, tout en touchant un public varié.

Rayon musique, on pointera Marc Lavoine, Patrick Fiori, Vanessa Paradis, Jane BIrkin ou encore Zazie. Côté humour, les Frères Taloche, François Pirette, Laurent Baffie ou Fabrice Eboué assureront le show. Il y aura aussi de la danse et même un opéra avec la célèbre Carmen de Bizet. Les talents locaux sont également mis à l’honneur. Citons Freddy Tougaux, Alice on the Roof, le Mons Comedy Club qui s’exportera pour deux soirées exceptionnelles ou encore le chanteur montois Arthur Meunier qui aura l’opportunité d’assurer quelques premières parties.

La liste est loin d’être exhaustive. Elle ne donne qu’un aperçu de la programmation dense et variée qu’a concoctée Salvatore Anzalone. Pour sa troisième saison à la barre du paquebot montois, le directeur vise la barre des 80.000 entrées. Pari tenable au regard de l’affiche de cette saison et des résultats de l’an dernier : 71.000 entrées.

On l’aura compris , le Théâtre royal revit. L’affaire n’était pourtant pas pliée d’avance lorsqu’il y a trois ans, un marché était lancé pour confier à un opérateur privé la gestion de cette salle jusqu’ici entre les mains de Mars. D’ailleurs, Salvatore Anzalone est le seul à avoir répondu à l’offre. Téméraire ? C’était d’abord un rêve de gosse pour ce Montois qui, lycéen, passait devant l’impressionnant édifice en rêvant un jour de pouvoir y entrer. "Je n’imaginais pas que j’en deviendrais le directeur", sourit Salvatore Anzalone. "J 'étais programmateur artistique. C’est un métier différent, mais j’ai une bonne équipe qui m’entoure."

Le programmateur aura su mettre à talent son expérience, ses contacts et son imagination pour attirer des artistes auxquels la Cité du Doudou n’aurait plus osé songer. Quitte à y perdre de l’argent parfois. Mais c’est assumé. "Vanessa Paradis ou Zazie par exemple jouent dans des grandes salles. Au Théâtre, même en affichant complet, on y perd financièrement. Mais ça rapporte en visibilité."

Le directeur ne boude pas par ailleurs le plaisir qu’il a de partager aux Montois des spectacles d’envergure. Directeur de Mars, Philippe Degeneffe ne regrette pas de son côté d’avoir poussé son ami Salvatore à prendre les rênes du théâtre. "On m’a dit que j’étais fou, qu’il allait nous prendre toutes nos places. Mais le Théâtre royal et Mars ont des programmations complémentaires et ça fonctionne bien."

Il en faut pour tous les goûts et à chacun son rôle. C’est la vision partagée par Nicolas Martin. Mars était parfois critiquée pour sa programmation trop confidentielle. Le Théâtre royal brasse plus large. Et ses soirées à guichets fermés dégagent des retombées économiques pour Mons.

Pas de guerre des clans à l’horizon. Mars présentera d’ailleurs sa programmation au sein du théâtre samedi. "Destination Mons a proposé beaucoup d’animations festives cet été. Mais nous voulons associer Mars pour apporter une dimension culturelle à la prochaine édition", ajoute le bourgmestre. "Cela confirme notre volonté d’exporter la culture en dehors des lieux traditionnels". C’est confirmé également : la culture n’a pas dit son dernier mot dans la Cité du Doudou.