Mons

C'est en menant des perquisitions dans le cadre d'un autre dossier que les enquêteurs de la police fédérale avaient saisi l'ordinateur du secrétaire communal de la Ville de Mons.

Une peine d'un mois de prison avec sursis a été prononcée, vendredi par le tribunal correctionnel de Mons contre Pierre Urbain, ancien secrétaire communal de Mons, coupable d'avoir détourné des tableaux au préjudice d'une vieille dame dont il avait l'administration provisoire.

Pour le reste, le tribunal a prononcé des acquittements ou a constaté la prescription des faits. L'avocat général Catherine Badot avait requis une peine d'un an de prison avec sursis contre l'ancien secrétaire communal, impliqué dans une magouille financière internationale. Il était prévenu de faux, usage de faux et abus de confiance dans le cadre de ce que la parquet général avait qualifié d'organisation criminelle.

Une peine d'un an ferme avait été demandée contre Bernard Potvin, déjà condamné pour criminalité financière. Neuf personnes étaient prévenues dans cette affaire mais quatre avaient comparu devant la tribunal. Des peines de six mois, un et deux ans avaient été requises mais le tribunal a prononcé des acquittements ou a constaté que les faits étaient prescrits.

C'est en menant des perquisitions dans le cadre d'un autre dossier que les enquêteurs de la police fédérale avaient saisi l'ordinateur du secrétaire communal de la Ville de Mons. "Ils ont exploité cet ordinateur et ils ont retrouvé des documents où l'intéressé signait des documents comme administrateur délégué d'une société établie au Luxembourg", avait expliqué l'avocat général.

Le nom de Bernard Potvin est apparu dans cette société. Le comptable représentait deux sociétés américaines, établies dans l'Etat de Floride, dont les avoirs avaient été gelés par la justice américaine. Son patron est inculpé d'escroquerie et de blanchiment d'argent pour un cartel mexicain actif dans les stupéfiants.

Bernard Potvin et Daniel Robert avait créé une société en Belgique dans laquelle est apparu Pierre Urbain dès septembre 2005. D'importantes sommes, des millions en euros et en dollars, ont été injectées dans cette société mais jamais placées. Pour l'accusation, le but était d'attirer de nouveaux investissements à un taux d'intérêts de 15% par mois.

L'avocat de Pierre Urbain, Me Discepoli, avait plaidé l'acquittement estimant que les infractions n'étaient pas "techniquement" établies. "Je ne plaide pas la naïveté car je suis convaincu que lui et d'autres, entre 2005 et 2007, ont été convaincus d'une bulle financière, comme il y en a eu avant la crise de 2008. Les gens croyaient qu'en investissant un euro, on pouvait en avoir 20. Les taux de 15% étaient fréquents à cette époque", avait raconté l'avocat, ajoutant que pas une seule pièce du dossier ne permettait de conclure que l'ancien chef du personnel de la Ville de Mons s'était enrichi personnellement. "Il a suivi une ligne qu'il n'aurait pas du suivre, la ligne Potvin."

Seul un détournement de tableaux a permis de condamner Pierre Urbain, lequel n'avait pas pu apporter la preuve du remboursement.

Pierre Urbain est suspendu de ses fonctions à la Ville de Mons depuis 2013. Au civil, le tribunal octroie un euro à la Ville de Mons.