Le terrain doit être dépollué. Jean doit abandonner ses beaux projets.

C'est une bande verte d'une vingtaine de mètres le long de la rive droite du canal du centre, à Mons. En 2016, la Ville y avait mené une expérience pilote en laissant des SDF y dresser un campement. Mais après un an d'occupation, des problèmes de sécurité, de drogues, de précarité, de vandalisme, de propreté et de salubrité avaient conduit le projet à l'échec.

Le campement avait donc été levé, sauf pour Jean, qui a continué à occuper les lieux. Et pas n'importe comment. Amoureux de la nature, le SDF a commencé à y cultiver fruits et légumes. Il a même entrepris de créer des abris pour les oiseaux et les hérissons. Un petit coin de paradis prend ainsi forme sous la houlette bienveillante du passionné. Mais l'expérience pourrait à nouveau tourner court.

Jean a en effet reçu l'ordre de quitter les lieux. Missionnée par la Ville de Mons, la Spaque doit en effet procéder à la dépollution du terrain, ce qui impliquera notamment de raser les bosquets qui composent le paysage, mettant un terme aux projets bucoliques du SDF.

Jean nourrit pourtant des ambitions pour cette bande verte: composts partagés, potager collectif, permaculture, sylviculture, lombricomposteur, élevage de volaille ou encore cabane d'observation des oiseaux… Mais il doit quitter les lieux pour laisser la Spaque dépolluer le terrain en septembre. Ce qui surprend particulièrement l'association Solidarité SDF-Mons. "Il y a trois ans, quand on nous a laissés établir un campement, le terrain n'était visiblement pas pollué. Mais aujourd'hui, il faudrait intervenir pour assainir le site. C'est incompréhensible", relève Romane Ben Naji de l'association montoise.

Une pétition a été lancée pour permettre à Jean de poursuivre son projet. Elle a déjà plus de 200 signatures en quelques jours à peine. Nous n'avons pas pu obtenir de plus amples informations auprès de la Ville de Mons. La Spaque avait toutefois indiqué le mois dernier à nos confrères de La Province que si le site devait être dépollué, la parcelle qui avait été confiée pour le campement de SDF était saine.