L'année 2020 n'aura pas été de tout repos pour le personnel soignant engagé dans la lutte contre le coronavirus. Le directeur du CHU Ambroise-Paré revient avec nous sur cette année éprouvante.

Si vous deviez qualifier cette année 2020 par un adjectif?

Solidaire. Nous avons pu voir de l'entraide aussi bien au sein des hôpitaux qu'entre les hôpitaux ou même entre les hôpitaux et le reste de la société. Des institutions, des entreprises, des citoyens, des universités… Chacun faisait ce qu'il pouvait pour aider le personnel hospitalier. Il y a aussi eu beaucoup de marques d'attention, comme des repas, des fleurs ou des dessins d'enfants. C'était très important pour les équipes.

Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marqué durant cette année?

Le tout début de la première vague, aux alentours de la mi-mars. Quand nous avons vu le nombre de patients covid exploser dans la région de Mons-Borinage, notamment à Ambroise-Paré, c'était très marquant. D'autant plus qu'à ce moment-là, on ne connaissait pas encore bien la maladie, on ne savait pas comment la soigner et nous n'avions pas beaucoup de matériel.

Comment voyez-vous l'année 2021?

Ce sera l'année du vaccin. Tout va dépendre de ça. Combien de temps prendra la distribution ? Combien de personnes accepteront de se faire vacciner? Quelle sera l'efficacité de la campagne? Toutes ces questions seront décisives pour déterminer si nous pourrons revenir plus ou moins vite à une vie normale.

La crise du coronavirus a accentué des problèmes existants, notamment le manque de moyens des hôpitaux. Y a-t-il des leçons à tirer pour 2021?

Oui, c'est une grande demande et un grand espoir des hôpitaux. Le problème du manque de moyens se traduit principalement par un manque d'effectifs. Quand on a une infirmière pour trente patients la nuit, c'est très difficile. Il faut des solutions pour refinancer ces emplois et redonner envie aux infirmiers de travailler dans les hôpitaux.