À l'origine de l'incident, un rassemblement de militants communistes dans le piétonnier mardi en fin de journée.

Les policiers étaient présents en nombre mercredi peu avant 19 heures dans le piétonnier de Mons. En cause, un rassemblement d'une dizaine de militants du mouvement communiste Renaissance et Renouveau qui dispose d'une antenne dans la région Mons-Borinage.

D'après le mouvement, six militants étaient présents avec masques, gants et respect des distances de sécurité, pour distribuer des masques et des tracts politiques. Il y avait également des calicots, des pancartes et des drapeaux, selon la police de Mons-Quévy. "En pleine période de confinement ce rassemblement ne respectait manifestement pas les mesures de limitation des déplacements et de rassemblement prescrites par le Conseil National de Sécurité", indique la police dans un communiqué. "L’action revendicative n’avait pas été sollicitée et n’avait pas été autorisée par les autorités administratives locales."

Les choses se sont manifestement gâtées en plusieurs étapes. "Lors du contrôle, ces personnes n’ont pas obtempéré aux injonctions des forces de police qui leur enjoignaient de se disperser, de mettre fin à leur action et de se conformer aux mesures gouvernementales d’urgence visant à limiter la propagation du coronavirus", poursuit la police de Mons-Quévy dans son communiqué. "Les manifestants ont dès lors fait l’objet d’une arrestation administrative aux fins de mettre fin au trouble qu’ils occasionnaient. D’autre part l’interpellation a permis de procéder à l’identification formelle de tous les manifestants, d’éviter toute perpétration d’une nouvelle infraction et de procéder à leur verbalisation. Un procès-verbal judiciaire pour non-respect des mesures COVID19 et un procès-verbal administratif pour rassemblement sur la voie publique non autorisé ont été rédigés à charge des membres du groupe."

De leur côté, les militants dénoncent des méthodes excessives: une heure d'attente sans pouvoir s'asseoir ou bouger avant d'être menottés pour finir au commissariat et en repartir plus tard avec une amende de 250 euros. La mère d'un militant était de la partie. Appelée au moment de l'intervention policière, la Montoise a témoigné de sa mésaventure sur les réseaux sociaux. Elle indique que sur place, elle a obtempéré aux injonctions policières et a présenté sa carte d'identité, tout en indiquant ne pas vouloir faire d'esclandre. Mais la mère de famille a également été embarquée pour arrestation administrative. "J’ai été déshabillée , fouillée et emmenée au cachot pour un total de 4 h, je suis sortie à minuit du poste de police et j’ai dû rentrer chez moi seule dans la ville", affirme la Montoise qui se dit bien décidée à interpeller le bourgmestre.

De son côté, la police de Mons-Quévy a une autre version des événements. "Les personnes interpellées ont été relaxées à l’issue des devoirs judiciaires et administratifs aux alentours de 20h00. Par ailleurs, le proche d’un membre du groupe s’est interposé au contrôle et n’a pas voulu décliner son identité aux services de police. Cette personne a également été interpellée le temps nécessaire à son identification et à son contrôle d’identité", indique la police dans son communiqué.

Une police de Mons-Quévy qui rappelle que malgré le déconfinement progressif, toute manifestation publique ou rassemblement de personnes restent interdits. Elle dit en outre déplorer la diffusion de photos et vidéos sur les réseaux sociaux au mépris du droit à l'image des policiers intervenants. Enfin, indiquant qu'elle a toujours fait preuve de la plus grande transparence, la police de Mons-Quévy annonce que "l’interpellation et les procédures qui en découlent seront examinées avec toute l’objectivité voulue en interne".​