Le projet est à l'étude. Les gages de bonne volonté se multiplient pour apaiser des relations houleuses.

C'est avec pour musique de fond le tube de Gainsbourg, Je t'aime moi, non plus, que se déroulent les péripéties unissant le musée Duesberg et la Ville de Mons, tantôt chaleureuses, tantôt déchirantes.

La précédente mandature a vu échouer le projet de Fondation qui devait pérenniser sur les terres montoises l'avenir des collections amassées par le baron Duesberg et gratifiées de plusieurs étoiles au Guide Michelin. Après des débuts incertains, le nouveau collège rétablissait la ligne avec le musée. Un projet de donation était remis sur les rails. Enthousiaste, le baron Duesberg se disait prêt à céder quelque 4000 pièces, pendules, orfèvreries, porcelaines et autres trésors qui témoignent du savoir-faire des grands artisans des 18e et 19e siècles. Avant de déchanter, car du côté de la Ville, les démarches ne vont jamais assez vite pour le baron, toujours aussi fougueux et passionné du haut de ses 86 printemps.

Le baron alterne ainsi les propositions généreuses avec les menaces de fermeture du musée. La Ville de son côté rechigne parfois à répondre aux demandes du collectionneur tout en témoignant des marques de reconnaissance. Les barons Duesberg ont ainsi été faits citoyens d'honneur de la Ville de Mons. Et voilà à présent qu'un autre gage de bonne volonté se prépare en coulisses.

Nous avons en effet appris que le collège communal s'engageait à rebaptiser en rue du Musée François Duesberg la portion de voirie comprise entre la rue de la Houssière et la rue du Chapitre, longeant le square Roosevelt. Avant de voir l'idée se concrétiser, il faudra solliciter l'avis de la Commission royale de Toponymie, gardienne des noms de rues en Belgique. Mais aussi contacter les riverains concernés.

La convention unissant l'avenir du musée à la Ville de Mons serait par ailleurs en passe d'être finalisée. Toujours en cours, l'inventaire lié à cette convention aurait bien avancé. Enfin, le baron Duesberg n'a pas totalement abandonné l'idée d'exposer quelques pièces dans la Maison du Roi, à Bruxelles. Pour le collectionneur, ce partenariat serait l'occasion d'offrir à la Cité du Doudou une prestigieuse carte de visite dans la capitale. À Mons, le projet a toutefois pu être perçu comme une menace de disperser les trésors du musée pour faire accélérer les choses. Si les Bruxellois manifestent toujours un certain intérêt, le baron Duesberg annonce qu'il laisse le soin aux autorités montoises de réserver ou pas les suites nécessaires.

Alors que les gages de bonne volonté semblent se multiplier de part et d'autre, la nébuleuse saga du musée Duesberg finira peut-être par trouver son épilogue sous le soleil, exactement.