La ducasse ne périra pas. Tel était le message envoyé aux Montois par les autorités communales ces dernières semaines. Promesse tenue, puisque ce dimanche, c’est une véritable ambiance de fête qui régnait sur la Grand-Place de Mons et dans les rues du centre-ville. La crise aura une nouvelle fois eu raison des festivités du Doudou, mais certainement pas de la ferveur populaire. Depuis ce vendredi et plus encore ce dimanche, les terrasses étaient en effet noires de monde, tandis que les amoureux du folklore scandaient un air bien connu et clair comme de l’eau de roche : Les Montois ne périront pas.

Un peu après midi, ce dimanche, dans les jardins du Mayeur, c’est dans un parfait huis clos que les acteurs du Lumeçon s’étaient donné rendez-vous dans le cadre d’une évocation. Pour marquer la différence avec le traditionnel combat du week-end de la Trinité, la musique s’est interrompue, là où d’ordinaire, elle joue en continu. "Il était indispensable de faire quelque chose, de partager une part de bonheur et de montrer aux Montois que l’on pense à eux. C’est pour la population que l’on fait tout cela", a expliqué Cybèle, personnage féminin du Lumeçon, alors que le combat venait de prendre fin.

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Le bourgmestre, Nicolas Martin, a ainsi reçu une lance toute d’or vêtue, "symbole de lumière céleste et de majesté", destinée à permettre au ciel montois de s’éclaircir et à porter chance. "La population la retrouvera lors de la prochaine ducasse." Dans le même ordre d’idée, une dent de dragon, elle aussi recouverte d’or, était offerte par Poliade au maïeur. "La dent est synonyme de vitalité, de force, et de puissance. Le dragon est lui symbole d’évolution. Formulons le souhait que celui-ci suive son instinct d’évolution vers un bien, le bien." Cette dent ornera la mâchoire de l’biète dès l’an prochain.

Si ce dimanche, il régnait un air de normalité dans la Cité du Doudou, il n’en reste pas moins que les Montois ont été privés des festivités qui font battre leur cœur, et ce pour la deuxième année consécutive. "Mons sans sa ducasse, c’est un peu comme si les murs de notre maison étaient soudainement dépouillés de leur ciment, un peu comme si une petite faille s’était creusée dans notre vivre ensemble", a souligné le bourgmestre.

Pas question, évidemment, de considérer ce mini-combat à huis clos comme de véritables festivités. "Rien ne comblera le manque ressenti. Cette évocation n’avait évidemment pas pour objectif de remplacer notre ducasse, et encore moins de la célébrer en petit comité. Et pour cause ; toutes les phases du Doudou n’ont aucun intérêt sans le public, qui est et restera le premier acteur de la ducasse." Un message qui aura eu le mérite de réconforter les Montois, privés de leur folklore, alors que sur la Grand-Place de Mons, ils donnaient de la voix.