Son horaire de travail "variable" n’a pas pu nous être fourni par l’ASBL La Roquette…

Un nouveau scandale vient torpiller la commune rurale de Honnelles. Par un vent favorable, nous avons obtenu des clichés pour le moins interpellants d’un ouvrier communal à pied d’œuvre dans le jardin du bourgmestre, Bernard Paget (PS). Depuis janvier 2016 et la démission d’une de ses échevines, le bourgmestre socialiste gère un portefeuille de compétences élargi, à savoir les finances, le personnel, la police, l’économie, l’emploi, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et les travaux.

Au moins à deux reprises en mai et en juin, l’ouvrier photographié a été vu en train de désherber la devanture de la propriété du bourgmestre. Sur la photo, il est indéniable que l’homme est muni d’un coupe-bordure et d’un casque de protection. Bref, d’outils de jardinage. Son véhicule et sa remorque étaient aussi stationnés face à l’habitation.

Dans l’organigramme communal, il est répertorié parmi le personnel ouvrier de l’administration, au même titre que quatorze autres travailleurs de ce service. Selon nos informations, il n’est pas reconnu comme indépendant à titre complémentaire. Que fait-il dès lors un jeudi à 13 h chez le bourgmestre en train de réaliser du jardinage ?

À l’heure où la population réclame de la transparence et une gouvernance irréprochable, la présence active de cet ouvrier, notamment le jeudi 11 mai en début d’après-midi à l’habitation du bourgmestre, pose de réelles questions. Tout en sachant qu’il est interdit pour un élu de se servir de sa fonction à des fins personnelles…

"Il arrive qu’il passe chez moi parce que nous sommes amis depuis quarante ans", rétorque le bourgmestre, Bernard Paget (PS). "Je ne profite d’aucun avantage, c’est du n’importe quoi. C’est un ami qui me donne, de temps en temps, un coup de main parce que nous nous connaissons de longue date. Lorsqu’il est venu chez moi, ce n’était certainement pas pendant ses heures de travail. Il devait être en congé ou en récupération. Il est évident que je n’aurais pas accepté de telles pratiques qui sont d’un autre temps."

Notons également que l’ouvrier en question est en fait détaché au complexe sportif La Roquette, où des dysfonctionnements sont depuis plusieurs mois dénoncés par l’opposition EPH-MR. Cet ouvrier communal est censé assurer la tenue de la buvette, la maintenance et l’entretien du bâtiment du complexe sportif. L’ouvrier n’a pas souhaité répondre à nos questions. Et malgré nos nombreuses tentatives, la présidente démissionnaire de l’ASBL, également échevine à Honnelles, n’a pas répondu à nos appels. Elle n’a donc pas pu nous justifier l’horaire de travail de l’ouvrier détaché au sein du complexe. Il s’agirait d’un horaire "variable"

Du côté de l’opposition, on montre sa stupéfaction à la vue du cliché. "Je ne trouvais déjà pas normal qu’un ouvrier communal soit détaché à la gestion d’une buvette, mais en plus, si on le retrouve dans le jardin du mayeur pendant ses heures de travail, cela devient très problématique. Nous exigeons de vraies explications et pas des histoires farfelues. Dans le climat actuel, c’est surréaliste de se permettre de telles choses," concède Mattieu Lemiez, conseiller de la minorité.

Un conseil communal en urgence est convoqué par l’opposition EPH-MR, le 4 juillet, pour tenter de tirer cette nouvelle affaire au clair.


Black-out de tous les intervenants

Face aux nombreuses questions qui se posent quant à la présence, chez le bourgmestre, d’un ouvrier communal, peu de personnes ont répondu à nos appels. L’ouvrier est, semble-t-il, en congé. La présidente de l’ASBL La Roquette n’a pas non plus souhaité nous répondre ni même nous rappeler. Seul le bourgmestre a accepté, par trois fois, de donner quelques explications. Les langues devront néanmoins se délier d’ici au conseil communal du 4 juillet.