Mons

Pendant 20 ans, l'ère Di Rupo a permis de booster le développement de la Cité du Doudou. Et maintenant?

Elio Di Rupo a remis les clés du PS à Paul Magnette. Le Montois aura occupé la tête du parti durant 20 ans. L'ère Di Rupo a-t-elle favorisé le développement de la Cité du Doudou?

"C'est indiscutable", tranche le libéral Richard Miller qui a longtemps côtoyé Elio Di Rupo à Mons. "La configuration de Mons a considérablement changé ces dernières années. Nous pouvons penser par exemple à Mons 2015, la gare ou le centre des Congrès. Je pense aussi à ce que nous avons obtenu ensemble auprès de la Communauté française pour la rénovation du théâtre ou la création du Manège. Le fait est que dans notre système politique, le président de parti est celui qui négocie les accords de gouvernement et désigne ses ministres. C'est quelqu'un qui a donc un très grand pouvoir. Et le PS était présent à tous les niveaux de pouvoir, Elio Di Rupo combinant même à certains moments la présidence du PS avec un poste de Premier ministre ou de ministre-président wallon."

Le développement de Mons pourrait-il dès lors être freiné par ce changement à la tête du PS? "Quand on est président de parti, on ne travaille pas seulement pour sa ville. Et des projets se sont développés un peu partout durant la présidence d'Elio Di Rupo", commente le député provincial socialiste Pascal Lafosse, tout en reconnaissant que des dossiers importants ont pu aboutir à Mons ces 20 dernières années. Sans s'inquiéter pour autant pour l'avenir. "Nicolas Martin a une entente excellente avec Paul Magnette. Par ailleurs, le président de parti n'est pas seul à décider, il y a un comité autour de lui."

Principal intéressé, le nouveau bourgmestre de Mons souligne qu'Elio Di Rupo a ouvert une brèche qui devrait continuer à profiter à Mons comme à d'autres villes wallonnes. "C'est vrai que dans les années 80 et 90, Liège et Charleroi avaient tendance à monopoliser les subsides", rappelle Nicolas Martin. "Elio Di Rupo a permis de sortir de ce rapport en allant chercher des subsides européens pour Mons. D'autres villes comme Tournai et La Louvière ont suivi par la suite. Par ailleurs, j'ai veillé en tant que président de fédération à ce que Mons-Borinage soit reconnu comme troisième agglomération dans la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement wallon. Nous veillerons en outre à faire valoir la spécificité de Mons 2025 et de manière générale, la qualité de nos dossiers. Si des projets montois ont été bloqués par le précédent gouvernement wallon, je suis sûr qu'Elio Di Rupo, toujours conseiller communal à Mons, restera attentif à ce qui se passe ici tout en assurant la présidence wallonne."

Bref, avec une Cité du Doudou entourée de sa région boraine et bien située sur la carte wallonne, une entente excellente entre Nicolas Martin et Paul Magnette, un PS de retour à Namur et un Elio Di Rupo aux commandes de l'Elysette, Mons ne devrait pas trop s'inquiéter de voir son ancien mayeur passer le flambeau socialiste.