Les promoteurs ont déposé les plans modificatifs pour ce vaste projet immobilier.

Nova Mons, deuxième tour. Les équipes derrière le projet immobilier qui vise à démolir le chancre Belgacom et à transformer la Place de Bootle ont présenté leurs plans modificatifs. Elles expliquent avoir voulu intégrer des avis des riverains et des remarques des autorités montoises. Tout en reconnaissant que les bases du projet restent et qu'il ne faut pas s'attendre à des changements phénoménaux.

Dans sa version initiale présentée il y a un an, le projet avait suscité de nombreuses réactions. Un nouveau quartier en plein centre-ville, à un jet de pierre de la Grand-Place, ça ne laisse pas indifférent. Certains apprécient l'opportunité de créer du logement en milieu urbain. D'autres regrettent un manque de concertation et soulèvent plusieurs inquiétudes, notamment par rapport aux gabarits des immeubles. Le projet misait alors sur 7 bâtiments comprenant 135 appartements, 6.000 m2 de bureaux, quelques unités pour du commerce et de l'horeca, des espaces verts et un parking sous-terrain de 401 places dont 250 réservées au public.

Les promoteurs soulignent n'avoir récolté qu'une soixantaine de remarques dans le cadre de l'enquête publique, ce qui n'est pas énorme pour un projet de cette ampleur. Il y a aussi eu une pétition ayant récolté plus de 850 signatures. Alors, un an plus tard, qu'en est-il?

Par rapport aux gabarits, les deux bâtiments les plus hauts sont rabotés d'un niveau. "Nous pensions pouvoir aller si haut, car nous sommes en plein cœur de l'ilot. Mais ces deux bâtiments étaient plus élevés que l'église Sainte-Elisabeth. Nous avons voulu tenir compte des remarques sur les gabarits et la mise en valeur du patrimoine. Les immeubles G et F passent ainsi de R8 à R7", explique l'architecte Vincent Dupont.

Autre modification concrète, l'utilité du bâtiment situé au coin de la rue Verte. Il était au départ voué à abriter un hôtel "shortstay" destiné, comme son nom l'indique, aux courts séjours. Mais il est revenu aux promoteurs que l'offre était déjà largement suffisante dans la Cité du Doudou. Le bâtiment F évolue donc vers une résidence estudiantine comprenant 94 kots et de nombreux espaces communs. Par ailleurs, le rooftop et son bar qui surplombent l'immeuble devaient initialement être réservés aux clients de l'hôtel. Ils seront désormais accessibles à tous grâce à un nouvel accès.

Pour le reste, les promoteurs entendent mieux communiquer pour apaiser les réticences. De nouvelles vues viennent ainsi compléter le dossier pour montrer que le complexe s'intègre bien avec l'église Sainte-Elisabeth et le palais provincial. Dans la même veine, à ceux qui s'inquiètent de voir l'espace public vendu au privé, les promoteurs répliquent que la disposition des immeubles est telle sur ce site d'un hectare que 60% de la superficie au sol est justement réservée à des espaces publics. Et ces espaces sont essentiellement végétalisés, ce qui offre ainsi l'opportunité de créer un "poumon vert" dans le centre-ville en lieu et place d'un chancre et d'un parking en plein air. Par rapport aux gabarits, les promoteurs rappellent aussi que les effets de paliers et l'utilisation d'autres matériaux et coloris aux derniers étages diminuent l'impression de grandeur.

L'UMons est également appelée en renforts pour convaincre du bien-fondé du projet. La chercheuse Isabelle De Smet, spécialisée dans la densité des centres urbains, explique que nous sommes confrontés à une surconsommation foncière. "Entre 1986 et 2004, la population a augmenté de 5,4% en Wallonie. Durant la même période, la superficie du bâti a augmenté de 11,5%", explique Isabelle De Smet. "Le phénomène est en légère régression, mais il reste préoccupant. Il implique une surconsommation de matériaux et d'énergie qui a un impact sur le réchauffement climatique. La solution passe par la création de nouveaux logements qui s'intègrent dans une optique de densification et de développement durable."

Les modifications et ces explications complémentaires doivent être communiquées à l'occasion d'une conférence en ligne – covid oblige – aux riverains les plus proches qui ont reçu un toutes-boîtes. Une autre séance d'information sera ensuite organisée pour tous les Montois qui souhaitent y participer. Notons qu'à la suite de l'introduction de ces plans modificatifs, une nouvelle enquête publique est lancée du 7 au 22 avril. Enfin, ces procédures ont un impact sur le calendrier initial. Il était prévu de mener les travaux de fin 2021 à fin 2024. Les promoteurs, qui travaillent sur le projet depuis six ans, expliquent avoir perdu six mois pour le moment.

© D.R.

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