Le ministre a été questionné par Pascal Baurain au sujet du nuage orange d’août dernier

Le 23 août dernier, un nuage orange s’échappait des installations de l’usine Yara, située au sein du zoning Seveso de Baudour-Tertre à Saint-Ghislain, provoquant une vive inquiétude dans le chef de la population voisine. L’usine avait expliqué que ce nuage était la conséquence d’une procédure d’arrêt d’urgence de l’atelier d’acide nitrique et précisé qu’aucune conséquence pour la santé n’était à craindre. Malgré ces explications, ni les citoyens, ni les élus locaux ne s’étaient montrés rassurés.

Ce lundi, Pascal Baurain (Osons !), conseiller communal à Saint-Ghislain et député wallon, a questionné le ministre de l’environnement, Carlo Di Antonio (cdH) à ce propos. Il était notamment question de savoir si la police de l’environnement était ou non présente sur place le jour des faits, quelles informations avaient été transmises aux autorités communales et si ce nuage était finalement inoffensif ou non.

De son côté, le ministre Di Antonio explique que son cabinet s’est enquis de la situation dans les heures qui ont suivi l’événement, en s’assurant auprès de la Direction Général de l’Environnement qu’un suivi adéquat y était apporté. “C’était bien le cas, un agent du service SOS environnement et Nature s’était rendu sur place suite à une première interpellation le jeudi 23 août à 18h50. L’exploitant a alors précisé qu’il s’agissait d’une procédure de mise à l’arrêt d’urgence suite à un dysfonctionnement.” L’exploitant n’avait cependant pas prévenu les autorités, alors que la procédure le prévoit.

Quelques jours plus tard, soit le 27 août dernier, une enquête complémentaire était effectuée sur le site en présence d’un expert de la cellule Risques d’Accidents Majeurs (RAM) de la DGO3, en charge du suivi des installations SEVESO. Lors de cette visite, une étude était exigée pour évaluer l’impact de cet incident sur la qualité de l’air à proximité des habitations. “Le rapport du bureau désigné pour cette étude a été reçu le 5 septembre dernier.”

Ce dernier conclut qu ’“aucun effet relatif à la zone de danger immédiat, à la zone à risques ou à la zone de vigilance n’est observé au niveau du sol, quelles que soit les conditions météorologiques étudiées”, ajoutant que “le panache se développe en altitude et ne redescend pas.” Pour Pascal Baurain, ces réponses restent inquiétantes. Il estime que les autorités n’ont pas joué leur rôle de protection de la population.

Permis d’exploitation à renouveler

Selon les conclusions des études menées à l’issue de cet incident, les riverains n’ont, à aucun moment, été mis en danger. Qu’à cela ne tienne, l’usine Yara, active dans la production d’engrais organiques, chimiques et minéraux, devra prendre quelques mesures supplémentaires à l’avenir. Le ministre Di Antonio exige notamment qu’ils communiquent immédiatement vers le bourgmestre et les riverains si un incident similaire venait à se répéter. Ce qui n’est évidemment pas à souhaiter. Il faut également noter que le permis de l’exploitant devra être renouvelé en 2019 et que les différentes questions soulevées dans le courant de ce mois d’août seront prises en compte dans le cadre de l’étude d’incidence. Pour rappel, ce nuage contenait de l’oxyde d’azote et avait stagné de longues minutes avant de finalement se dissiper. La direction évoquait de son côté un accident peu fréquent mais pas exceptionnel.