Mons

La monnaie 100% locale stagne, mais elle pourrait s'ouvrir de nouveaux horizons.

Une petite vingtaine de commerçants à Mons utilisent le ropi, monnaie alternative 100% locale. Un chiffre qui stagne depuis un bout de temps, malgré tous les avantages que présente cet outil pour le développement économique des petits commerces.

Le ropi a en effet sa valeur collée à celle d'un euro. On s'en procure dans les magasins partenaires où l'on peut également y acheter des produits ou des services en échange de cette monnaie locale. Mais à la différence des euros, les ropi sont condamnés à rester dans Mons et à être réutilisés rapidement pour acheter des produits. Pas de placements ou autres spéculations boursières, l'argent sert ici à consommer local. D'où tout l'intérêt pour les commerçants montois.

Mais il reste une petite vingtaine seulement à se prêter au jeu alors que les ropi circulent depuis 2006. "Il faut savoir que nous sommes deux bénévoles derrière le projet et que nous y consacrons une partie de notre temps libre en dehors de notre travail", explique Laurent Cardon. "Nous avons des contacts avec des associations de commerçants et la Ville de Mons évidemment, mais nous tenons aussi à ce que notre association reste indépendante."

Les deux Montois se sont fixé la barre des 30 commerces participants pour lancer une nouvelle campagne de communication sur le ropi. Un horizon que la monnaie locale peut raisonnablement espérer atteindre. D'abord parce que le commerce se développe à nouveau dans le centre-ville, avec des boutiques qui ont le profil idéal, loin des grandes chaînes de magasins. Ensuite parce que le ropi est dans cet air du temps qui mise sur l'économie circulaire, les circuits courts et autres produits locaux.

Quoiqu'il en soit, les instigateurs du ropi n'affichent aucune déception et ne se mettent pas de pression. "La monnaie n'est pas une finalité en elle-même. C'est aussi un prétexte à engager une réflexion sur l'économie. Ça fonctionne plutôt bien à travers des conférences, des soirées ou des animations dans les écoles. C'est l'occasion d'engager une réflexion sur l'appropriation du bien commun par les gens, à savoir dans ce cas-ci, la production de la monnaie", conclut Laurent Cardon.