C’est le cœur lourd qu’Emmanuel Desquesnes a dû euthanasier 58 de ses bêtes ce lundi. A la tête d’une ferme familiale à Obourg, une bien mauvaise nouvelle était survenue en mars dernier lorsque des traces de PCB avaient été découvertes sur une parcelle de 6,5 hectares où est cultivée de la luzerne qui servait pour le fourrage des bovins de la ferme. Des analyses avaient confirmé la contamination de 58 de ses vaches qui ne pouvaient donc plus entrer dans la chaîne alimentaire.

L’Afsca lui laissait alors deux possibilités soit il pouvait garder ses bêtes comme animaux de compagnie soit il devait les euthanasier. Le coût quotidien qu’entraîne le suivi des vaches ne permettait pas à Emmanuel de les garder.

Ce lundi, l’heure était donc aux adieux pour Emmanuel qui a dû euthanasier ses 58 bêtes dans sa ferme et à ses frais. "J’ai subi la dictature de l’Afsca", confie-t-il. "Je comprends totalement que mes bêtes ne puissent plus rentrer dans la chaîne alimentaire compte tenu de leur intoxication. Je regrette cependant qu’aucune action n’ait été faite de leur côté pour prendre en charge les coûts d’euthanasie. Quand on sait que l’incinération revient à 15 centimes le kilo et que mes bêtes pèsent aux alentours de 700 kilos chacune, on se rend vite compte des montants qu’une telle opération peut prendre. Sans compter les autres coûts liés à l’euthanasie."

Ses bovins constituaient l’une des parts principales de ses revenus, Emmanuel vit donc depuis près de deux ans sur ses réserves qui ne sont toutefois pas illimitées. "J’ai dû multiplier les appels pour que l’on m’autorise à tuer mes propres bêtes, c’est un comble", s’exclame-t-il. "Je savais que je devrai m’en séparer et voulais que cela se fasse avant la fin d’année pour repartir en 2022 sur de nouvelles bases. Le coût d’entretien était trop important pour que je puisse encore continuer de nourrir et de m’occuper de mes bêtes."

Dans son malheur, Emmanuel Desquesnes a tout de même pu conserver 18 agneaux. Une étude de l’Université de Liège a prouvé que les bébés n’héritaient pas de la contamination de leur maman à leur naissance. Il pourra tenter de partir de cela pour relancer la ferme familiale.

Depuis plus de un an, une bataille juridique avec Comet Sambre a été lancée afin d’obtenir des dédommagements. Le flou persiste d’ailleurs toujours à ce niveau-là. "Je laisse mon avocat s’occuper de cela. Comet Sambre estime que la cimenterie d’Obourg est également responsable des contaminations et refuse donc de prendre intégralement en charge les indemnisations. Dissocier le vrai du faux risque de prendre des années. Je ne sais même pas si je serais indemnisé un jour", conclut-il.