C’est une belle reconnaissance pour le groupe montois Comet, actif dans le négoce de métaux ferreux, non-ferreux et dérivés. En effet, PV Cycle France (rebaptisé Soren depuis cette semaine), l’éco-organisme en charge d’organiser la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés dans l’Hexagone, a attribué son marché pluriannuel à Solarcycle, la filière wallonne mise en place par le Groupe Comet et Recma.

Ces dernières années, les installations photovoltaïques ont fleuri un peu partout, en France comme en Belgique. Leur durée de vie étant estimée à environ 25 ans, l’Union européenne a souhaité encadre la fin de vie attendue des premières installations et adapté sa réglementation dès 2012, les panneaux photovoltaïques usagés étant à considérer comme des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

Pour ce faire, plusieurs acteurs se sont rassemblés au sein d’un projet de recherche et de développement, Solarcycle, soutenu par la Région wallonne et le pôle Mecatech : les Universités de Bruxelles et de Liège pour le raffinage et la purification des matériaux, Recma Groupe pour le regroupement et le démantèlement des panneaux et enfin le Groupe Comet pour le traitement et la valorisation.

"Un panneau photovoltaïque, c’est un véritable mille-feuilles de matières collées les unes aux autres", explique Pierre-François Bareel, Administrateur-délégué de Comet Traitements. "Il fallait donc explorer différentes technologies pour les séparer en vue de leur valorisation." Ce qui a été fait avec l’aide des deux laboratoires universitaires, où se poursuivent actuellement des travaux de recherche liés notamment à la valorisation du silicium présent dans les panneaux.

La première opération consiste à rassembler les panneaux et à les démonter suivant une méthodologie bien particulière. Recma, basée à Seraing, assure cette première opération. Une fois celle-ci bouclée, la feuille du panneau – constituée de verre, d’une backsheet de plastique et des gaufrettes contenant du cuivre, de l’argent et du silicium – prend la direction du Groupe Comet. Plus précisément du site de Châtelet pour une première opération de fragmentation et ensuite du site d’Obourg, où les différentes matières sont séparées en vue de leur valorisation.

Les volumes traités avec succès en provenance du territoire ont permis à Solarcycle de s’imposer comme un acteur crédible au sein de la filière de traitement des panneaux français depuis 2019, avec un bilan approchant les 50.000 panneaux traités fin 2020. Cette expérience a permis à Solarcycle, associé au partenaire française Envie 2E, de se positionner dans le cadre d’un marché public lancé par PV Cycle France pour constituer, dès ce mois de juillet, la filière de recyclage pour les trois prochaines années, contribuant ainsi à traiter un gisement évalué à 20.000 tonnes à l’horizon 2026, soit plus d’un million de panneaux de 18kg/pièce).

"Cette sélection de Solarcycle va asseoir son positionnement comme acteur important non seulement à l’étranger, mais on peut aussi se réjouir que la Belgique soit dotée d’un acteur structurel dans le recyclage des panneaux photovoltaïques", souligne encore Pierre-François Barrel. "On peut attendre que ce marché crée de nouvelles opportunités d’emplois d’insertion professionnelle chez Recma tandis que Comet, de son côté, va continuer de travailler à la diversification des débouchés afin que la filière participe pleinement au développement de l’économie circulaire wallonne."