Mons

Ils souhaitaient que ce dernier se glisse dans la peau d'un usager contraint d'emprunter la route industrielle.

Ce samedi, le collectif des « cyclistes gonflés à bloc pour l’action » était présent le long de la route industrielle, sur la portion qui avait été fatale au commissaire louviérois Pierre Darquenne, cycliste chevronné qui avait perdu la vie l’an dernier alors qu’il se rendait au travail à vélo. Les membres espéraient la présence du ministre sortant de la mobilité et des travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH) mais ce dernier n’a pas répondu à l’invitation.

"Nous souhaitions donner un gage au ministre car ce dernier a menti en annonçant que les marchés publics avaient été lancés. Ce n’est pas le cas", regrette Luc Leens, fondateur du collectif. "Nous voulions donner au ministre une occasion de se racheter de manière honorable et courageuse en l’invitant à se glisser dans la peau d’un citoyen d’Obourg ou d’Havré, contraint d’emprunter la route industrielle pour rejoindre le RAVeL."

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Pour l’occasion, un vélo et une poussette aux couleurs de l’exécutif wallon avaient été apprêtés. "Il ne s’agit que de 400 mètres mais ils sont effrayants à parcourir. Nous souhaitions qu’ils les parcourent à vélo sur l’aller et en poussant une poussette au retour, comme de nombreux parents doivent le faire chaque jour. Dans les semaines qui ont suivi le décès de Pierre Darquenne, des aménagements auraient dû être prévus. La Région wallonne fait preuve d’une légèreté coupable à l’égard des usagers, qu’ils soient cyclistes, piétons ou automobilistes."

Ce samedi matin, un automobiliste qui circulait sur ladite route roulait à plus de 130 km/heure. Ils sont malheureusement nombreux à ne pas adapter leur vitesse et les travaux entrepris sur l’autoroute ont inévitablement entrainer une augmentation du trafic sur cet axe routier. "La procédure suit son cours, les travaux seront entrepris à la fin du chantier autoroutier, à l’automne", insiste le ministre sortant. "Nous sommes toujours dans les temps pour lancer les marchés publics."

Ce dernier précise encore qu’il avait prévu de son indisponibilité ce samedi matin. "On a attendu 20 ou 30 ans pour que des rénovations et aménagements soient décidés sur cette route et aujourd’hui, alors que des budgets sont établis et garantis, on chicane pour quelques mois. Je trouve la méthode assez particulière. Le collectif est au courant des démarches, je lui ai déjà expliqué tout cela." Notons que la ville de Mons a de son côté posé un ultimatum à la Région. Elle menace désormais de réduire la vitesse à 50 km/heure sur ce tronçon meurtrier.