Les puéricultrices l'ont appris pour mieux accueillir une famille souffrant de surdité.

Pas facile de grandir au milieu des autres lorsqu'on n'entend pas les voix et les sons qui nous entourent. En Belgique, la surdité touche en moyenne 2 enfants sur 1000. C'est le cas de Niels, petit bonhomme d'un an qui déambule maladroitement comme tous les marmots de son âge sur les tapis de la crèche communale de Jemappes. Mais ici, les puéricultrices et les accueillantes ont décidé d'apprendre le langage des signes pour franchir la barrière du handicap.

"Nous avons franchi le pas il y a quatre ans, lorsque nous avons accueilli la grande sœur de Niels qui souffre également de surdité, tout comme les parents", indique Cathia Castagni, directrice de la crèche. "Chaque année, nous pouvons choisir des formations pour notre personnel et nous avions donc décidé d'apprendre le langage des signes pour pouvoir mieux encadrer l'enfant, mais aussi communiquer avec les parents."

La démarche a pu compter sur la motivation du personnel. "Nous voulions pouvoir dialoguer avec les parents autrement que par l'écriture", confie Laurence Gallez, l'une des puéricultrices. "Mais pour compléter la formation ou me rappeler des bases quand Niels est arrivé, j'ai également suivi des leçons sur Internet. Le langage des signes n'est pas évident. Certains mots se comprennent facilement, car c'est presque du mime. Mais pour le reste, on ne peut pas deviner, il faut apprendre le vocabulaire. Or, il y a des différences entre le langage des signes en France et en Belgique francophone. Et le papa de Niels est français. Par ailleurs, le langage des enfants évolue comme celui d'un enfant qui parle avec l'apprentissage de nouveaux mots. Il faut pouvoir suivre cette évolution."

Dans sa démarche, la crèche communale peut compter sur le soutien de Triangle Wallonie, une ASBL fondée il y a 40 ans qui épaule les enfants sourds dans les différentes étapes de leur développement et accompagne les familles dans leur cheminement, notamment auprès des structures d'accueil et des écoles.

Cette démarche, inédite dans les crèches communales de Mons, fait en outre écho à la charte Handycity que la Ville a signée. "Nous avons adhéré à ce projet visant l'intégration de la personne handicapée il y a plusieurs années déjà et nous venons de renouveler notre engagement", indique Marie Meunier, présidente du CPAS. "La charte inclut plusieurs dispositions dans différents domaines comme l'accueil de la petite enfance, l'emploi de personnes en situation de handicap, l'accessibilité plurielle ou l'inclusion dans les loisirs. Toute une série de choses que nous mettons déjà en pratique sur le terrain. Mais la charte nous permet de formaliser notre engagement."