Prof de math et conseiller communal, Didier Cremer a voulu démontrer que le système est faillible

LA LOUVIÈRE Didier Cremer est enseignant. Mathématicien. Et nouvellement élu au conseil communal de La Louvière dans les rangs d’Ecolo. Avec sa méthode, qu’il qualifie lui-même de “dérangeante ” ou “non conformiste ”, il a voulu faire la démonstration que le système électoral belge est faillible et qu’il donne la possibilité à qui le souhaite de tricher.

Pour ce faire, il s’est filmé, détournant une urne – de sa fabrication – et en se munissant de quelques outils. En 15 minutes, il démontre que l’on peut desceller une urne, la vider de son contenu, la remplir et la resceller, comme si de rien n’était. “La seule façon d’être crédible, pour moi, c’est la démonstration”, justifie-t-il.

Attention, il insiste : “Je ne dis pas qu’il y a eu trucage. Je dénonce le fait qu’il existe une possibilité de le faire. La législation est imparfaite. Il y a eu à La Louvière pas mal de problèmes et comme le citoyen lambda, je me pose pas mal de questions. Est-ce que, dans tous les bureaux, les gens comptent si mal que cela ?”

Pour Didier Cremer, il faut certes croire en l’honnêteté des gens, mais pas leur faire une confiance aveugle. “Le scrutin est basé sur la confiance de 83 chefs de bureaux. On dit que dans toutes les professions, il y a 3 % de gens malhonnêtes, pourquoi en serait-il différent dans les bureaux de vote ?” Et de regretter que personne ne sache vraiment comment une urne est scellée.

“Je suis allé comme témoin de parti, j’ai assisté à un certain nombre de choses qui me paraissaient normales, jusqu’au moment où j’ai scellé l’urne. Je dénonce des faits qui proviennent de lacunes”, renchérit le conseiller. Pour lui, il faut que les urnes soient suivies en permanence par les assesseurs, choisis aléatoirement, jusqu’au bureau de dépouillement.

Et de mettre le doigt sur une incongruité dans le vade-mecum explicatif des élections : là où le code de démocratie locale insiste sur l’obligation du président de bureau d’être accompagné d’un assesseur, le vade-mecum stipule qu’il peut l’être. “Ma volonté est de faire corriger les choses pour que le système soit meilleur.” Quitte à passer pour un agitateur.



© La Dernière Heure 2012