Les ténors locaux tentent de mettre de l'ordre pour composer les listes.

Le climat n'est pas au beau fixe à Mons entre Opaline Meunier et la section locale du CDH. Les relations ont pris du plomb dans l'aile lorsque l'étoile montante a rejoint le mouvement de Georges-Louis Bouchez, Mons en Mieux, plutôt que de mener campagne avec les siens pour les élections d'octobre. Alors que le scrutin de mai approche, le CDH tente de restaurer l'ordre au sein des troupes montoises. Mais la partie n'est pas gagnée d'avance.

L'apaisement semblait pourtant se profiler alors qu'une réunion franche, mais constructive, était menée dimanche. Dans la foulée, Opaline Meunier annonçait s'apparenter au CDH. La section locale aurait même souhaité un geste fort en demandant à Meunier de quitter Mons en Mieux pour siéger comme indépendante. Sans aller si loin, les violons semblaient s'accorder. Opaline Meunier continuera à siéger dans les rangs de Mons en Mieux dans la Cité du Doudou. Mais elle garde son affiliation au CDH et se voit même pressentie pour figurer sur les listes régionales de son parti en bonne place, comme deuxième suppléante. D'après nos informations, elle était également prête à réintégrer ses fonctions au sein du CDH. Fonctions auxquelles Benoit Lutgen avait mis fin l'an dernier après la volte-face de la Montoise, sans pour autant l'exclure totalement du parti.

Mais voilà que lundi, Opaline Meunier s'épanchait maladroitement dans la presse sur le CDH montois qu'elle considérait comme « scotché au PS ». De quoi mettre le feu aux poudres. La section locale répliquait aussitôt, annonçant dans un communiqué incendiaire qu'elle ne soutiendrait pas la candidature régionale d'Opaline Meunier, qualifiée de « caricature de la politique politicienne ». La malheureuse s'expliquait dans la foulée, indiquant n'avoir voulu blesser personne. Mais pour le CDH montois qui était prêt à accorder la nécessaire absolution tout en rongeant son frein, c'en était trop.

C'est dans ce contexte particulièrement tendu que Carlo Di Antonio et Pascal Baurain ont réuni les humanistes montois jeudi soir pour discuter de l'affaire Meunier en l'absence de la principale intéressée. Objectif apaisement. Pour relever le défi de mai, les ténors du parti souhaitent le meilleur casting possible et des troupes unies pour avancer. Mais du côté montois, on estime avoir déjà reçu une première gifle et un baiser de judas en prime. Pas question de tendre la joue gauche.

Conscient que ce serait trop demandé, le CDH attend donc de la section locale qu'elle fournisse également une liste de candidats. Quand la direction du parti aura toutes les cartes en main, elle fera son choix.

On voit déjà le dilemme humaniste se profiler. D'un côté, Opaline Meunier jouit d'une bonne cote de popularité qui s'est confirmée par son joli score lors des élections communales. De l'autre, lancer la jeune humaniste en campagne sans le soutien de sa section locale pourrait l'engager sur une pente savonneuse. Déjà tenu d'éviter l'érosion annoncée, le CDH se serait certainement passé de ces conflits internes.