Les réactions au lendemain du comité de concertation sont vives dans le secteur Horeca . Les décisions de ce mercredi soir ne font pas l’unanimité, y compris chez les restaurateurs. Une ouverture des terrasses le 8 mai n’est plus suffisante pour ce secteur, fatigué d’être la cible du gouvernement fédéral. " C’est difficile de voir que tout le monde va reprendre petit à petit ses activités, et nous, on reste sur place", confie Nicolas Campus, gérant du restaurant montois Les Gribaumonts. " Nous sommes les premiers à fermer, mais aussi les derniers à ouvrir. Les restaurateurs sans terrasse sont pris en otage !"

Une situation particulièrement difficile à encaisser pour le couple qui tient le restaurant avec la cheffe, Lisa Calculs. "C’était attendu, mais la déception est grande", ajoute Nicolas Campus. "Le Premier Ministre parle prudence, mais pour moi, ils ont clairement manqué de sang-froid. L’ouverture des terrasses, c’est une fausse décision." Il n’est d’ailleurs pas le seul à pointer le manque de position claire du gouvernement. Pour le restaurateur, les ministres n’ont pas réussi à gérer la pression sociale. "Attention, je ne dis pas que leur position est facile. Mais imaginez la nôtre !"

Financièrement, le tenancier serre la ceinture. Avec la fermeture pendant environ dix mois, les factures s’empilent et ne diminuent pas. "J’ai 15 000 de frais fixes par mois, avec les prêts hypothécaires et d’autres frais nécessaires", explique Nicolas Campus. "Face au 16 500 euros d’aide que nous avons obtenu pour les dix mois, c’est insuffisant." Le restaurateur souligne tout de même l’aide financière apportée par la Ville de Mons, qui n’a cessé de trouver des solutions pour les Montois.

Mais c’est surtout le manque de perspective, qui est le plus compliqué à encaisser. Sans terrasse , difficile de pouvoir se projeter dans la commande auprès des fournisseurs. "Les ministres ne se sont pas trop mouillés pour la réouverture complète des restaurants comme le mien, sans extérieur", déclare Nicolas Campus. "Avancer juin, mais préciser qu’il faudra être en dessous des 500 personnes en soins intensifs, c’est clairement envoyer un message. Les chiffres augmenteront à nouveau, et la réouverture passe encore sous notre nez."

Concrètement, le couple demande un protocole plus spécifique à chacun, et non plus, l’arrêt d’un secteur complet. "Cette stratégie, c’est ne pas récompenser ceux qui ont fait des efforts", termine Nicolas Campus. "Il nous faut des critères à respecter à la lettre, pour nous laisser ouvrir. Et plus une liste des clients à tenir, que le gouvernement n’a jamais utilisé . Stop la mascarade !" En attendant, les demandes de clients s’accumulent pour Les Gribaumonts . L’agenda est déjà complet, avant même une date officielle.