Un parc photovoltaïque doit voir le jour sur le site du Rieu du Cœur mais un surcoût contraint le promoteur à adapter son projet.

En février dernier, la commune de Quaregnon se réjouissait d’annoncer qu’un projet novateur serait prochainement développé sur le site du Rieu du Cœur par la société Green City Wallonie. Les accords ont été passés pour la vente du terrain (550 000 euros), sur lequel cette dernière entend installer de nombreux panneaux photovoltaïques de 30 ans, et sur une seconde parcelle mise à disposition via un bail emphytéotique, une aire de covoiturage équipée en bornes de rechargement pour les véhicules électriques.

Bref, sur papier, tout semblait parfait. Dans la réalité, c’est autre chose. La société montoise est en effet confrontée à des frais supplémentaires, qu’elle n’avait pu anticiper. Pour effectuer le raccordement des panneaux à la cabine la plus proche, les trottoirs devraient être ouverts et des câbles tirés sur plus de trois kilomètres, soit jusqu’à Jemappes. Coût de l’opération, 900 000 euros. Avant même d’avoir posé le premier panneau photovoltaïque, l’entreprise devrait donc débourser 1,5 million d’euros.

Un surcoût difficilement gérable pour la coopérative Green City Wallonie. "Nous allons prendre le problème autrement. Nous avons sincèrement l’envie de développer ce projet, sur ce site", explique Christiane Daene, présidente du conseil d’administration. "Nous allons revoir nos ambitions à la baisse. Nous prévoyons l’installation de 12 000 panneaux (soit 70 % du projet initial, NdlR) soit l’équivalent de la production de 1 330 ménages."

Si ce surcoût n’avait pu être anticipé, c’est parce que l’entreprise n’a pu accéder aux cartes du réseau. "Elles ne sont pas publiques et la moindre étude coûte entre 3 500 et 8 000 euros. Pour une structure coopérative comme la nôtre, débourser de telles sommes avant même d’avoir entrepris un projet est difficilement possible. Je pense que pour des projets d’énergie durable, une gratuité devrait être proposée."

Plus globalement, la coopérative regrette le décalage existant entre les discours du monde politique et la réalité. "Il serait temps de se réveiller. Le réseau, les infrastructures ne sont en aucun cas adaptés pour des projets comme le nôtre. Planter des haies et miser sur l’énergie renouvelable, c’est très bien. Mais encore faut-il en donner la possibilité aux entreprises car aujourd’hui, tout semble être fait pour nous décourager." Dans ce cas-ci, le projet de Green City Wallonie verra bien le jour, mais avec un peu de retard. Les travaux devaient débuter à l’automne, ils seront décalés à la sortie de l’hiver.

Emeline Berlier