Depuis la découverte d’une pollution aux PCB à proximité d’un broyeur à métaux à Courcelles en 2019, ces installations focalisent l’attention de la Région wallonne. C’est ainsi qu’en juin dernier, l’Afsca saisissait des denrées alimentaires destinées à engraisser des bovins dans deux fermes situées à proximité du broyeur de Comet Sambre à Obourg. Des traces de PCB y avaient été également détectées. Dans la foulée, une analyse environnementale était lancée, à la demande de la ministre Céline Tellier et de la Ville de Mons.

Les résultats de cette enquête viennent d’être communiqués. "Le niveau de risque montre qu’il n’y a pas de danger immédiat pour la santé de la population mais nécessite de prendre des mesures préventives en cas d’exposition chronique", indiquent les autorités.

Les analyses ont par ailleurs montré les effets additionnés de deux réalités bien distinctes : une pollution historique dont la localisation est disparate dans l’espace et un dépôt de poussières plus récentes. Il n’a par ailleurs pas été possible de déterminer l’origine de la pollution, ni de définir la responsabilité respective des deux entreprises situées à proximité, à savoir Holcim et Comet Sambre. L’Afsca poursuit ses investigations de son côté. En attendant, les deux fermes restent fermées et des mesures de précaution ont été communiquées aux riverains.

Avec une pollution historique et diverses sources de pollution possibles, Comet Sambre n’apparaît plus comme le coupable tout désigné. "Il appartient dès lors à chacun de prendre les actions qui lui incombent. Pour sa part, le Groupe Comet respecte les engagements pris lors de la première réunion d’information en mettant en œuvre un véritable plan d’actions qui a débuté dès cet été", réagit le groupe qui indique avoir investi trois millions d’euros.

Ce plan comprend l’arrosage systématique et quotidien du site. Ou encore la formation des équipes pour éviter que les déplacements de stocks et la manipulation des matériaux ne provoquent trop de poussières. Mais surtout, l’installation d’un nouveau filtre à la cheminée. Installation voulue par la Région wallonne pour tous les broyeurs à métaux du territoire. Or, certains y rechignaient car les normes, plus strictes en Wallonie, entamaient la compétitivité sur le marché européen.

La ministre Tellier a justement plaidé une harmonisation des normes au sein de l’UE il y a deux semaines. Une étude sur la caractérisation des flux entrants dans les broyeurs a également été demandée afin d’écarter un maximum de produits contenant les polluants concernés. "Le travail d’analyses va se poursuivre ainsi que les contrôles pour vérifier que les émissions de polluants répondent bien aux nouvelles normes imposées par la Wallonie au secteur des broyeurs à métaux", indique la ministre Tellier.

De son côté, Catherine Marneffe souligne la bonne collaboration entre la Ville de Mons et les autorités wallonnes. "Nous sommes rassurés que ces études montrent qu’il n’y a pas de danger immédiat pour notre population et que les mesures permettant de réduire la pollution en amont aient continué à être prises en parallèle des analyses, notamment la mise en place de filtres supplémentaires et de plans de réduction des émissions diffuses", conclut l’échevine de l’Environnement.