Mons Grand entretien avec Pascal Baurain, qui emmène la liste pluraliste Osons !, laquelle souhaite une rupture totale avec la politique du PS

Pascal Baurain tire la liste Osons ! sur l’entité de Saint-Ghislain. L’actuel chef de file de l’opposition ne cache pas ses ambitions d’inverser la tendance politique en décrochant l’écharpe mayorale.

Les élections approchent à grands pas. La liste Osons ! est-elle désormais bouclée ?

Non, elle ne l’est pas parce que nous avons la volonté de laisser jusqu’aux derniers moments la possibilité aux citoyens désireux de s’engager de nous rejoindre. Depuis avril 2017, nous partons à la rencontre de la population. L’accueil est extraordinaire et nous sommes face à un engouement auquel nous ne nous attendions absolument pas.

Est-ce la preuve d’une volonté de changement malgré un certain désintérêt de la population pour l’activité politique ?

Je pense que ce phénomène entraîne paradoxalement un certain regain d’intérêt. Le citoyen en a assez, il se dit qu’il ne peut plus laisser le système actuel en l’état. Les différents scandales politiques poussent les gens à se questionner. C’est précisément ce que nous souhaitons au sein d’Osons ! Les citoyens doivent prendre conscience que la commune n’est pas une citadelle imprenable, qu’ils ont un rôle à jouer.

En quoi Osons ! est-il différent des autres formations politiques ?

Nous n’avons pas attendu un effet de mode pour réunir plusieurs couleurs politiques et inviter les citoyens à nous rejoindre. Nous voulons ramener le débat démocratique, intensifier la participation citoyenne en communiquant davantage sur les possibilités d’interpellation au conseil communal. Et mettre en place des budgets participatifs qui permettent aux citoyens de solliciter des moyens pour améliorer leur cadre de vie. Les citoyens débordent d’idées, il faut en tenir compte. Nous souhaitons également encourager le personnel communal à faire preuve d’initiatives pour améliorer ses conditions de travail et donc le service à la population. Aujourd’hui, ce personnel est extrêmement bridé.

L’argent reste le nerf de la guerre. Pourquoi serait-ce différent avec Osons ! ?

Nous sommes prêts à aller mouiller notre chemise pour aller chercher des subsides ! Ce que la majorité actuelle ne fait pas ! La population a des attentes légitimes concernant des trottoirs, la rénovation de voiries ou la création de pistes cyclables. C’est une question de volonté politique avant tout. Aujourd’hui, il n’y a pas de programme d’entretien régulier… Ce qui est pourtant la base d’une bonne gestion communale afin d’éviter d’être systématiquement dans l’urgence.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

La ligne directrice, c’est le citoyen. Nous avons pour ambition de le réconcilier avec le service public. Autour de cela, nous déclinerons un programme centré sur l’enseignement et l’éducation - respect de chacun, lutte contre la malbouffe dans les écoles, promotion des circuits courts, création de places pour la petite enfance - et de la sécurité et de l’ordre public notamment. Osons ! sera un formidable coup de fraîcheur par rapport à une majorité qui semble ne plus avoir la volonté de porter ses dossiers, qui est en léthargie. Nous ne serons pas là pour accéder au pouvoir à tout prix mais pour travailler au service du citoyen."


Expérience de député wallon

Le changement de majorité dans la Cité du Doudou avait profité à Pascal Baurain. Ce dernier avait en effet fait son entrée au parlement wallon, en remplacement de Savine Moucheron, devenue échevine. “J’ai eu la chance de travailler sur de très gros dossiers : l’aboutissement du CODT, la mise en place de la commission spéciale Publifin et de la commission d’enquête, la réforme de l’aide à la jeunesse qui est un domaine qui m’a toujours intéressé professionnellement, le décret de bonne gouvernance très récemment,… Il est inestimable d’avoir pu se frotter à tout cela. Ça me permet de prendre un peu de bouteille, de bénéficier d’une expérience supplémentaire et d’avoir une vision différente de la problématique communale”, souligne le député. Sa fonction lui a aussi permis de faire avancer plus aisément l’un ou l’autre dossier pour sa commune. ” Il est certain que le fait de côtoyer certains ministres me permet de braquer les projecteurs sur des problèmes propres à notre entité et de les sensibiliser. Je ne dis pas qu’il a suffi de claquer des doigts, mais cela a parfois permis de faire avancer des dossiers qui traînaient depuis le début de la mandature.”