Près de deux ans après les faits, les versions sur ce qui s’est réellement passé suite à la vente avortée du siège de Toit&Moi à la Fondation Cornez divergent toujours autant. Selon Pascal Lafosse, député provincial et administrateur de Toit&Moi, “John Joos construit sa vérité, comme il a toujours fait.” Et de mettre en cause à nouveau l’échec de la vente sur le dos de l’ex-président, qui aurait failli à ses devoirs : “il y a eu deux CA : un avec une décision de vente à la Fondation Cornez, qu’il n’a pas envoyée. Puis un autre avec la volonté du président de revenir sur cette décision lors d’un CA suivant”, soutient-il. La Fondation ne signifie pas son offre et lors du CA suivant, il est revenu là-dessus en disant qu’il avait un autre candidat potentiel.

"La responsabilité du manque à gagner au niveau de la société immobilière incombe uniquement au président de l’époque”, assène Pascal Lafosse. Des propos que dément catégoriquement John Joos : "la vente à la Fondation Cornez n’a été présentée qu’une fois en CA, assure-t-il, ce que nous confirme une autre source. Mais il est vrai que suite au vote du 11 septembre, la notification de la décision n’a pas été envoyée à la Fondation Cornez. Et pour cause : “entre le moment du vote acceptant l’offre de la Fondation et l’annonce, par voie de presse, de son retrait, il n’y a eu que trois jours ouvrables, rappelle-t-il. L’offre a été retirée avant même que je puisse notifier la décision.”

Quant à la candidature que l’ex-président avait invoquée pour retarder la vente, Pascal Lafosse la considère toujours comme “sortie du chapeau. On n’a jamais eu le nom de ce mystérieux candidat.”

Sauf que son nom a bel et bien été communiqué à la direction de Toit&Moi en septembre, préalablement au CA, puisqu’une visite avait été programmée le 15 septembre et était la raison de la demande de la décision de vente. “Qu’aurais-je dû faire ? Cacher cette information au CA et mentir au candidat en lui disant que la vente était clôturée?”, s’interroge encore John Joos. Qui conclut: "si je construis ma vérité, Pascal Lafosse se noie dans le mensonge.

Le CA de Toit & Moi "ne veut pas être tenu responsable"

Suite aux propos de John Joos, les instances de Toit & Moi ont également réagi. "Le Conseil d’Administration de l’immobilière sociale refuse d’être jugé responsable d’une perte de 125 500€", indiquent-elles dans un communiqué.
"Le Conseil d’administration avait bel et bien voté la vente du siège social, le 11 septembre 2020 pour la somme de 925 000€ à la Fondation Emile Cornez. Une décision que l’ancien président, John Joos, n’a malheureusement pas transmise dans les délais au Gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq, qui avait déposé cette offre ferme. Dès lors, la vente n’a pu être considérée comme « parfaite ». Le dossier n’étant pas clôturé, la vente est alors revenue sur la table du CA suivant, le 30 octobre 2020, au cours duquel John Joos a demandé de relancer la procédure afin de prendre en compte l’offre d’un deuxième candidat acquéreur... Candidat dont le nom n’a jamais été dévoilé."

"Un revirement de situation qui a surpris le CA et qui a été repris dans la presse. Une mauvaise publicité qui a amené le Gouverneur à retirer son offre. Sans ce revirement de situation provoqué par l’ancien président, John Joos, le bâtiment aurait été vendu pour le montant de 925.000€."

Sauf que le Gouverneur avait fait savoir qu'il retirait son offre plus d'un mois avant ce CA du 30 octobre. Et qu'il a été exclu du groupe PS le 19 septembre, décision actée au conseil communal du 28 octobre, soit deux jours avant le CA que John Joos aurait supposément présidé.

Concernant le reproche du manque du publicité, "le CA a alors ensuite lancé un marché public afin de désigner une agence immobilière pour faire la promotion de son bâtiment pendant 6 mois, avec panneaux publicitaires sur le site du bâtiment et vidéos sur les réseaux sociaux. Le bâtiment se trouvait également, depuis plus de 5 ans, sur le site de ventes immobilières en ligne, le plus consulté en Belgique. Il est donc faux d’avancer le manque de publicité."

Une publicité qui intervient donc majoritairement après la vente avortée à la Fondation Cornez.