C’est la fin d’une saga ! La ville de Mons vient en effet d’obtenir gain de cause devant le conseil d’État face à une poignée de propriétaires de commerces installés au cœur du passage du Centre. Cette procédure avait été initiée à la suite de la prise, par la ville, d’un arrêté de fermeture. Cette dernière ayant obtenu gain de cause, le passage du Centre a définitivement fermé ses portes ce mardi pour des raisons de sécurité.

Selon le Conseil d’Etat, "si les propriétaires ne peuvent plus jouir normalement de leurs biens aujourd’hui, c’est principalement en raison de leur négligence, ayant attendu plus de trois ans avant d’envisager seulement quelques travaux de mise en conformité, alors même que la situation préoccupante du site pour la sécurité publique était bien connue, notamment à la suite du premier passage des pompiers en 2017." Il apparait dans le rapport établi par le Conseil d’Etat que les propriétaires n’ont donc pu démontrer la pertinence de l’action introduite.

Pour la ville, c’est évidemment un soulagement. "Le Conseil d’Etat a la même lecture que nous avons de la situation du Passage du Centre" déclare cette dernière. "La demande de suspension était irrecevable au regard de tous les efforts que nous avons consentis à déployer pour la réhabilitation du Passage du Centre alors qu’il s’agit d’un bien privé et de la dangerosité de ce site (même plus assuré) pour la sécurité publique."

L’état avancé de délabrement du site ne laissait entrevoir qu’une seule issue pour les autorités communales : sa fermeture complète et définitive, que ce soit pour les logements ou pour les cellules commerciales. La décision de fermeture avait cependant été assortie d’une action volontariste de la ville de Mons visant à offrir un accompagnement personnalisé aux occupants afin de les aider à retrouver un logement dans les meilleurs délais, ainsi qu’aux commerçants.

Ainsi, sur les 10 commerces établies dans le passage du Centre, cinq ont pu être recolisés via le Fonds d’impulsion : Scientia, Paper and Leaf, Coiffure Manuella, l’Homme moderne et Swing (la nécessité de relocalisation reste à confirmer). Trois commerces ont trouvé un nouvel emplacement par leurs propres moyens et deux n’ont pas donné suite aux aides proposées par la Ville. Pour ce qui est des logements, sur les 8 locataires encore présents, la moitié a été relogé via l’AIS, 3 ont trouvé des solutions de relogement par leurs propres moyens et 1 n’a pas donné suite aux aides proposées.

"La Ville est en plein processus de redynamisation de son centre-ville, il est donc regrettable que nous en arrivions là mais les propriétaires, par leur incapacité à résoudre les problèmes de sécurité, ne nous ont pas laissé de choix. Pour rappel, la Ville leur a proposé dans le passé d’investir 9 millions d‘euros dans la galerie avec des subsides européens. Mais conformément aux règles européennes, les propriétaires devaient apporter 10% du montant total, ce qui était une occasion inouïe. Ils ont refusé, tout comme ils ont refusé toutes les offres de candidats investisseurs issus du secteur privé. Face à leur refus de faire les travaux nécessaires pour répondre au rapport indépendant du service régional d’incendie, et compte tenu des délais très longs qui leur ont été laissés, le Conseil d’Etat a donc estimé que les propriétaires ne pouvaient justifier d’arguments pour empêcher la fermeture", conclut encore la ville.