Mons

Le syndic des copropriétaires dénonce une "spoliation organisée".

Le Passage du Centre fait grise mine au cœur de Mons. Si le bourgmestre Nicolas Martin aspire à sortir le dossier de l'impasse, les copropriétaires, eux, risquent de se retrouver avec le bec dans l'eau. Ils sont 21 à se partager les cellules de la galerie. Ce qui ne facilite pas toujours les prises de décision. "Presque tout le monde avait accepté l'offre du promoteur Edouard Gallée. On ne se fait pas beaucoup d'illusion sur l'avenir du Passage du Centre de toute façon", confie une commerçante. "Mais ça a bloqué à cause d'un ou deux qui n'ont pas voulu suivre."

Le syndic des propriétaires doit d'ailleurs composer avec cette situation, alors que la pression est mise sur le respect des normes d'incendie. "Je suis un peu bloqué pour tout ce qui concerne le commun", indique Hugo Bruyneel. "Les copropriétaires ont voté contre les travaux de conformité, soit par principe, soit parce qu'ils n'ont pas les moyens. Certains sont tellement dégoutés par la situation qu'ils ne veulent plus faire le moindre effort. On s'est retrouvé avec deux clans. Le premier voulait tenter une mise en conformité minimale pour poursuivre l'activité vaille que vaille. Un autre clan voulait tout transformer ou revendre. C'est le gros problème des copropriétés."

La Ville de Mons avait obtenu un subside européen pour rénover la galerie. L'enveloppe servira finalement à la revitalisation du quartier de la gare. De quoi faire fulminer certains copropriétaires du Passage du Centre qui se disent que cet argent européen aurait pu servir à la mise en conformité des lieux. Le syndic ne s'est jamais bercé d'illusions pour sa part. "Ces subsides étaient destinés à participer au ravalement des façades, un peu comme cela a été fait sur la Grand-Place", poursuit Hugo Bruyneel. "Il n'a jamais été question que ces fonds servent à mettre la galerie aux normes d'incendie. Beaucoup de copropriétaires se sont fourvoyés avec cette histoire et ont reporté sans arrêt les travaux jusqu'au moment où ils se sont rendu compte que ce n'était plus possible."

Si le dossier s'est enlisé, le syndicat des propriétaires goûte fort peu les manœuvres de la Ville de Mons pour tenter de débloquer les choses. "C'est une spoliation légalisée qu'ils sont en train de préparer depuis très longtemps. Envoyer les pompiers pour demander de mettre aux normes d'aujourd'hui un bâtiment qui date de 1958, c'est complètement illusoire. C'est mettre le couteau sous la gorge des propriétaires. C'est fait de façon légale, mais le but reste d'exproprier ou de faire baisser la valeur des biens afin de les racheter pour une bouchée de pain."

Le syndicat des propriétaires le reconnait aussi, si le Passage du Centre est aujourd'hui dans un tel état, c'est en partie parce que ceux qui se partagent la galerie n'ont pas investi pour l'entretenir. "C'est vrai en partie. Mais le rapport des pompiers pose question. Nous avons déjà deux énormes entrée et sortie de 9m de large. Le rapport demande d'élargir à 13m en invoquant des calculs de fréquentation. C'est juste impossible et ce n'est qu'un exemple. Ce rapport qu'on nous a imposé et que nous avons dû payer est bon pour la poubelle. Je pense que tout a été fait pour que nous ne soyons pas en mesure de trouver une solution", conclut le syndic.