La grande angoisse liée à la pandémie de Covid-19, c'était la saturation des capacités hospitalières et plus particulièrement des lits en soins intensifs. Aujourd'hui, la crise sanitaire liée au coronavirus est passée, comme le reflète les chiffres des hospitalisations. Néanmoins, les hôpitaux font face à une autre crise: celle des vocations. Et elle a un impact direct sur les prises en charge de patients.

Mercredi dernier, l'hôpital Ambroise Paré à Mons a connu une saturation, plusieurs lits ayant dû être fermé par manque de personnel soignant, ce qui a eu pour conséquence plusieurs délocalisations. Pour les patients accueillis dans les services d'urgence et nécessitant une hospitalisation, consigne était donnée de les transférer au CHR Saint-Joseph et Warquignies, les deux hôpitaux du groupe Jolimont dans la région de Mons.

"L'activité est effectivement importante, mais n'est en rien dommageable pour l'instant", tempérait néanmoins jeudi le service communication de l'hôpital, assurant "pouvoir prendre en charge tous les patients." Du côté de Jolimont, on nous indique que les transferts de patients sont courants entre les deux structures hospitalières et que celle-ci s'est accentuée ces derniers temps, mais surtout suite à la mise en place du réseau Helora. "Quand un service est saturé, on se contacte et on s'organise", explique Sophie de Norre. "On doit un peu jongler, mais ce n'est pas un problème majeur."

Même son de cloche chez EpiCURA à Hornu et Baudour. "La pénurie de personnel n'est pas un phénomène nouveau, c'est quelque chose avec lequel nous devons composer depuis plusieurs années, avant la crise Covid", note Manon Le Boulangé, responsable communication d'EpiCURA. "Si un patient ne peut pas être pris en charge, nous avons les hôpitaux de notre réseau PHARE sur qui nous pouvons compter."

Y a-t-il un effet post-crise Covid quant au nombre de prises en charge et d'opérations reportées à devoir réaliser? "Nous avons eu fort à faire, mais nous sommes sortis du goulot d'étranglement." Aujourd'hui, la situation n'est pas toujours simple dans les prises en charge, "mais tout est sous contrôle, nous agissons toujours dans l'intérêt du patient."

Une récente étude menée auprès des directions de 73 établissements et publiée par Liantis indiquait que huit organisations de la santé sur 10 étaient confrontées à une pénurie critique de personnel.