Qui n'a jamais craché sur quelques heures supplémentaires pour arrondir les fins de mois ou allonger les congés? À la Ville de Mons, le phénomène a pris une ampleur dantesque pour de tout autres raisons.

Mise sous plan de gestion depuis longue date, la Ville a dû composer avec un sérieux manque d'effectifs. Le travail, lui, n'a jamais manqué. Si bien que pour combler les trous, bon nombre d'agents communaux ont dû accumuler les heures. Le problème s'est étalé dans le temps et aujourd'hui, c'est un total de 180.000 heures supplémentaires qui plane sur les services communaux. Mais le collège s'apprête à effacer l'ardoise.

"C'est un gros passif que nous allons pouvoir solder", explique le bourgmestre Nicolas Martin. "À l'heure de faire les comptes de l'année 2020, notre bonne gestion malgré le contexte de crise nous a permis porter notre boni cumulé à 9 millions d'euros. On s'est dit que c'était le moment où jamais de régler ce problème des heures supplémentaires que le CRAC nous demandait de régler depuis des années."

Un montant de 4 millions d'euros est donc prélevé sur le boni cumulé pour remettre les compteurs des heures sup à jour. Mais tout ne sera pas nécessairement dépensé. "Nous sommes en discussion avec les syndicats pour fixer les modalités de l'opération", ajoute Mélanie Ouali, échevine des Finances. "Nous ne voulons pas pénaliser les travailleurs qui comptaient sur ces heures pour leur fin de carrière. Nous ne voulons pas non plus que le versement d'un coup d'un montant trop important fasse exploser le barème fiscal de certains. Nous allons donc travailler au cas par cas, en fonction des différents services et en concertation avec les syndicats."

Le problème est amené à être réglé vers septembre. "Et c'est une bonne chose pour les citoyens, car avec moins d'heures supplémentaires à prendre, les agents vont pouvoir être davantage sur le terrain. C'est donc un meilleur service qui est rendu à la population. D'autant plus que nous investissons également pour recruter davantage d'agents, notamment pour les services Travaux et Propreté", conclut Nicolas Martin.