Aujourd’hui, un arrêté oblige les pharmaciens à détruire les médicaments récoltés

En 2015, 520 tonnes de médicaments récoltés étaient détruites, dont une grande partie n’était pas périmée. En d’autres termes, elle aurait pu être utilisée pour aider les populations les plus fragilisées qui peinent souvent à se soigner. C’est en tout cas l’avis du Dr. David Bouillon, qui créait début août une pharmacie de secours au sein de la maison médicale de Ghlin.

Si 60 kilos de médicaments non périmés ont déjà pu être récoltés et distribués gratuitement à ceux qui en avaient besoin, le Dr. Bouillon se heurte à quelques difficultés. En effet, il ne peut compter sur la collaboration des pharmaciens puisque l’arrêté du 21 janvier 2009 oblige ceux-ci à détruire les médicaments rapportés par les patients, au risque de se mettre dans l’illégalité.

Une législation que le médecin généraliste espère aujourd’hui faire changer. "Si la loi permettait, à titre d’exemple, aux maisons médicales de récupérer ces médicaments non périmés et de constituer des pharmacies solidaires destinées aux patients en extrême pauvreté, imaginez les économies que réaliseraient l’Inami et la sécurité sociale", argumente-t-il dans un courrier adressé à la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD).

"Je suis engagé sur le terrain depuis vingt-sept ans, j’assure plus de cent gardes par an et je constate un nombre de plus en plus important de patients en extrême pauvreté, étant dans l’impossibilité financière de payer leurs médicaments en temps et en heure" , déplore-t-il. "Cette situation est inacceptable, entraîne de la souffrance et est contraire à la loi relative aux droits du patient de bénéficier d’une médecine de qualité."

Aujourd’hui, le médecin généraliste espère pouvoir rencontrer la ministre pour lui exposer son projet, discuter de l’arrêté du 21 janvier 2009 et trouver des solutions pour éviter "un grotesque gaspillage", inévitable lorsqu’un traitement ne correspond pas au patient, lorsque ce dernier ne le prend pas jusqu’au bout ou encore lorsqu’il reçoit une boîte de cent comprimés alors que quelques-uns suffiraient à le soigner.

En attendant une réponse officielle de la ministre et avant de ruer dans les brancards en sensibilisant l’ensemble des parlementaires politiques à la problématique, le Dr. Bouillon poursuit son travail en coopération avec les particuliers, quelques professionnels du secteur médical et les associations actives auprès des plus démunis.