Les critiques étaient nombreuses et les soulagements l'étaient tout autant lorsque le collège communal a annoncé la fin du test de piste cyclable à la rue des Barbelés à Mons. Soulagements nombreux, mais pas unanimes. Le Gracq déplore en effet l'arrêt de l'expérience.

L'association qui défend l'intérêt des cyclistes quotidiens estime que le test, écourté par les autorités communales en raison des embarras de circulation, n'a pas permis de mesurer les effets du nouvel aménagement. "La brève phase de test n’a pas permis que les flux automobiles de circulation se régulent par des changements d’itinéraires ou d’horaire, par un report modal vers des modes actifs ou par un report vers les transports en commun. Ce “principe d’évaporation” s’est pourtant vérifié dans de nombreuses expériences en Belgique et à l’étranger", communique le Gracq. "C’est surtout la capacité de la Ville à opérer un changement dans les habitudes de mobilité qui a été testée. Elle a baissé pavillon devant la pression des automobilistes."

Avec la suppression du test de la piste cyclable, la Ville de Mons a annoncé que le tronçon passerait en zone 30. Une bande de stationnements serait ensuite supprimée pour laisser place à une nouvelle piste. Le Gracq est loin d'être convaincu. Il dénonce la réduction de la vitesse comme une mesurette qui n'apportera "aucune sécurité comparable à celle de la piste cyclable abandonnée". Quant à la suppression d'une bande de stationnements, le Gracq regrette qu'elle entraîne aussi la disparition de 18 arbres. L'association craint en outre que le projet d'une nouvelle piste soit reporté aux calendes grecques.

Le Gracq de Mons demande donc "qu’une phase test soit à nouveau effectuée dans de meilleures conditions à savoir réouverture de l’autoroute, nouvelle sortie Nimy sur les Boulevards, et surtout information des automobilistes, avec suggestion d’itinéraires alternatifs. Du point de vue cycliste, le printemps semble le moment idéal pour un tel test".

À noter que toutes les associations de cyclistes n'ont pas la dent aussi dure sur cet épisode. Comme Brian sur sa croix regardant le bon côté de la vie, les Cyclistes gonflés à bloc tirent ainsi un bilan positif de la courte phase de test. Pour ce groupe montois, même s'il était réalisé par le SPW dans les pires conditions possibles, "ce test a eu également le mérite de provoquer un vaste débat sur la mobilité qui a mis en lumière l'insuffisance des infrastructures cyclables et l'asphyxie du réseau routier au moindre grain de sable". Avec la promesse d'une nouvelle piste, les Cyclistes gonflés à bloc se réjouissent en outre d'avoir vu débloquer en deux semaines le dossier de l'achèvement de la piste cyclable de la Grande Voirie, qui se traînait depuis vingt ans.