Jacques Chamelot disposait d’une rémunération déguisée qui lui permettait de ne pas perdre son indemnité d’invalidité.

L’ASBL Garance a régulièrement fait l’actualité ces dernières années. La faute à un climat social très tendu et souvent dénoncé par le personnel. Depuis son arrivée à la tête de la présidence en juin dernier, Cédric Mélis (qui succède à Marc Barvais) tente donc de redorer l’image de l’association. Mais force est de constater que cela ne sera pas si simple.

En effet, des vents favorables nous ont permis de mettre la main sur la fiche de paie de Jacques Chamelot, qui occupait depuis le mois de juin le poste d’administrateur-délégué. En d’autres termes, il veillait à la gestion journalière de l’asbl, assurait les missions comptables et financières, était en charge de la communication ou encore de la gestion des ressources humaines.

Pour le travail fourni , le conseil d’administration (CA) a accepté de lui accorder une rémunération sous forme de jetons de présence. Et ce alors qu’aucun contrat de travail ne régit la fonction et les rémunérations qui peuvent en découler et que l’homme bénéficie du statut d’invalide auprès de l’INAMI. Il apparaît assez clair que l’octroi d’un jeton de présence revêt ici la forme d’une rémunération déguisée… Et non des moindres : selon les documents en notre possession, il aurait ainsi touché pas moins de 3.379 euros bruts, soit 2.450 euros nets.

"Ce montant correspond aux sept mois de fonction de Jacques Chamelot, entre juin 2016 et décembre 2016. Ce qui nous amène à des montants de l’ordre de 350 euros nets par mois", tempère Cédric Mélis. "Ses fonctions et ses responsabilités ont poussé le CA à lui accorder cette rémunération."

Selon le nouveau président, la charge de travail de l’administrateur-délégué n’était pas des plus légères. "On parle d’une dizaine d’heures de réunion par mois et plus de 20 heures de présence dans les bureaux pour assurer la gestion administrative."

C’en était apparemment trop pour le principal intéressé puisque celui-ci a décidé de quitter sa fonction le 14 février dernier. "Il nous a présenté sa démission, avançant des raisons personnelles et évoquant une fonction trop stressante."

Il redeviendra donc "simple" administrateur et ne devrait plus assister qu’à trois ou quatre réunions par an. Notons enfin que cette démission arrive alors que le fonctionnement des ASBL de la région est scruté suite au scandale qui éclabousse actuellement la députée provinciale Annie Taulet (PS).


Une rémunération pour frauder?

Le président de l’ASBL Garance, Cédric Mélis, tente tant bien que mal de jouer la carte de la transparence et d’expliquer le montant des rémunérations octroyées à Jacques Chamelot par le biais de jetons de présence. Malgré la démission de ce dernier de son poste d’administrateur-délégué, il restera en fonction au sein de l’association, en tant qu’administrateur.

"Il a estimé que ses fonctions étaient trop lourdes. Suite à sa démission, j’ai proposé au comité exécutif de renforcer le pôle du personnel administratif en donnant des responsabilités plus étendues au gestionnaire des ressources humaines et en augmentant son temps d’un travail. Nous passerons d’un demi-équivalent temps plein à un équivalent temps plein", précise Cédric Mélis. "Le mode de fonctionnement tel qu’appliqué depuis l’entrée en fonction de Jacques Chamelot n’a pas fonctionné. Le gestionnaire RH devient donc directeur administratif. Il va sans dire que la charge de l’administrateur-délégué sera considérablement allégée et que, par conséquent, le jeton de présence ne se justifie plus." De son côté, Jacques Chamelot a déjà confirmé qu’il ne touchait plus de jeton de présence.

Mais ce n’est pas pour autant que ce mode de rémunération déguisée était remis en question. Le président précise d’ailleurs avoir fait appel "à un comptable externe pour justifier de la légalité de ce jeton de présence."

Un jeton qui tombait dans la poche de Jacques Chamelot, officiellement reconnu sous le statut d’invalide par l’INAMI. Il touchait pourtant 350 euros nets par mois pour exercer une fonction dérivée de son mandat de conseiller communal et pour laquelle il n’est, selon nos informations, nullement déclaré en tant qu’indépendant complémentaire.