Et Bouchez craint de voir le site se transformer en un Clos des Hirondelles bis

Installées depuis début juillet, les communautés des gens du voyage n’ont toujours pas levé le camp du site de Géothermia. Cela fait maintenant plus de deux mois que ces terrains, destinés à de futures entreprises, sont occupés sans autorisation. Propriété de l’intercommunale de développement économique et d’aménagement de Cœur de Hainaut (IDEA), Géothermia est extrêmement bien situé, en bordure de l’autoroute E19/E42 avec accès à une bretelle. Les gens du voyage, toujours dans l’impasse d’un terrain spécifique à leur accueil y ont facilement trouvé refuge.

De semaine en semaine, la situation tend néanmoins à se dégrader avec des déchets qui s’amoncellent et des caravanes massivement installées. En juillet dernier, il y avait une trentaine de familles. Hier soir, on est encore à plus d’une centaine de caravanes ! Au total, cinq communautés se sont installées ces dernières semaines. Trois sont parties la semaine dernière pour rejoindre à moins de dix kilomètres un autre zoning, toujours propriété de l’IDEA mais à Quaregnon. “Il reste deux communautés différentes”, confirme l’IDEA. “Nous sommes toujours en contacts mais cette année, nous sommes confrontés à des séjours de plus longue durée par rapport aux années précédentes.”

De quoi inquiéter l’un des administrateurs de l’intercommunale qui réclame déjà depuis juillet mais en vain leur évacuation tantôt via une procédure juridique tantôt via un arrêté du bourgmestre. “Quand est-ce que cette blague va prendre fin ?”, peste Georges-Louis Bouchez (MR). “Il s’agit ici de communautés qui font du nomadisme dans le cadre de travail. Le bourgmestre doit évacuer sinon je crains qu’on en arrive à un Clos des Hirondelles bis. À partir du moment où ils ne sont pas expulsés, pourquoi ne passeraient-ils pas l’hiver sur Géothermia ?”

Le bourgmestre Elio Di Rupo (PS) a privilégié la médiation en l’absence d’éléments concrets qui perturberaient l’ordre et/ou la salubrité publiques.“Pour pouvoir les expulser, il faut avoir une raison particulière. Je n’ai pas un trouble impératif à l’ordre public. J’ai donc préféré la négociation et elle porte ses fruits puisque mardi, au plus tard, ils devraient être partis. J’ai également chargé l’IDEA de nous épauler dans la recherche d’un terrain spécifique afin d’identifier un site plus approprié,” confirme Elio Di Rupo en rappelant que “le mode de vie de ces communautés était différent de celui des habitants du Clos des Hirondelles.”

Même topo à l’IDEA. “Nous n’avons aucune possibilité d’action à court terme. Oui, nous sommes mis sur le fait accompli, ce que nous regrettons mais introduire une action en justice sans être en mesure de motiver l’urgence a peu de chance d’aboutir dans de courts délais. Nous sommes face à des procédures extrêmement lourdes.”

Géothermia occupé à 50 %

 L’attractivité du site pour de futures entreprises en prend un coup, même si aucune nouvelle annonce d’implantation n’est à l’ordre du jour. Compte tenu de l’importance de l’installation, un peu plus de 50 % du site est occupé par les gens du voyage.

“Il n’y a toujours pas de terrain spécifique, toujours pas de règles pour vérifier l’identité de ces personnes, le bourgmestre indique qu’on subventionne la gestion de l’eau et la gestion des déchets via la subvention publique,… On n’a pas dépensé des millions d’euros à Géothermia pour que ce zoning à vocation industrielle devienne un terrain pour l’accueil des gens du voyage ! Il parait que ce site est un fleuron de la région mais comment faire venir des investisseurs avec des dizaines de caravanes et des déchets ? !,” ajoute Georges-Louis Bouchez.

Précisons que la zone de police de Mons-Quévy a indiqué que des contrôles réguliers étaient réalisés au sein des communautés des gens du voyage et qu’aucun incident majeur n’a été à déplorer. En outre, des compteurs pour estimer la consommation d’eau et d’électricité ont été placés. Pour les déchets, les gens du voyage se sont engagés à procéder au nettoyage.