Déjà sous le feu des critiques dans les négociations de la Vivaldi, Georges-Louis Bouchez n'est guère plus ménagé dans sa Cité du Doudou. Et c'est Marc Darville qui dégaine. Le chef du groupe PS au conseil communal n'a pas apprécié les sorties de son homologue de Mons en Mieux, et il réplique.

Ainsi, lorsque Georges-Louis Bouchez se réjouit de voir le PS perdre sa majorité absolue à la suite de l'éviction de John Joos et sent la coalition pastèque fragilisée, Marc Darville relativise sereinement. "La majorité bascule? Nous sommes passés de 29 à 28 sièges sur 45. John Joos nous a dit qu'il était un électron libre, nous lui avons rendu sa liberté alors que l'on ne s'entendait plus sur la manière de fonctionner. Nous n'allions pas nous prostituer pour garder un siège en plus ou en moins", commente le chef du groupe PS. "Ce n'est pas ma décision, c'est un vote de l'ensemble du groupe, sans pression et à bulletin secret. Tout le monde était d'accord, à part une abstention."

Quant à l'alliance avec Ecolo, elle ne bat pas de l'aile selon le socialiste. "Il y a eu un essai de piste cyclable qui n'était pas concluant et qui a été abandonné. J'ai d'ailleurs pu en discuter de manière très constructive avec mon homologue d'Ecolo", poursuit Marc Darville. "Le PS n'est pas contre le vélo. On l'a suffisamment prouvé avec les budgets consacrés aux aménagements cyclables. Il n'y a jamais eu autant de mesures Ecolo qui sont passées à Mons. Les socialistes ont un très grand respect pour Ecolo et ça se passe très bien au sein de la majorité."

Marc Darville n'apprécie pas non plus que Georges-Louis Bouchez relativise les succès engrangés dans le piétonnier, remettant en question les chiffres de fréquentation présentés par le collège. Le bourgmestre Nicolas Martin a annoncé 140.000 visiteurs hebdomadaires dans l'artère commerçante. C'est plus qu'avant l'ouverture des Grands Prés. "Georges-Louis Bouchez est manifestement loin des réalités montoises", ironise Marc Darville. "La fréquentation est mesurée par des caméras, au moyen d'un logiciel mis au point par l'UMons et Multitel. C'est la même technique que la police utilise dans les événements publics. J'espère que Georges-Louis Bouchez ne va pas remettre en question cette méthode en avançant que l'UMons et Multitel sont à la solde du PS. Mons en Mieux s'oppose systématiquement à ce que nous faisons pour redynamiser le centre-ville. Quand nous avons annoncé la venue de Primark, Georges-Louis Bouchez a dit que nous fabulions. Et Primark est là. À présent, il dit que les autres commerces ne vendent pas, malgré la hausse de fréquentation. Mais nous avons mené un sondage auprès d'une vingtaine d'enseignes, et les chiffres d'affaires sont en hausse. Je suis étonné de voir un responsable de droite s'opposer de la sorte à ce que nous faisons pour nos commerçants. Pendant qu'il critique, la majorité PS-Ecolo a mis sur pied un plan de relance de 8 millions d'euros, sans endetter la Ville."

On le voit, Marc Darville est loin d'avoir raccroché. En février pourtant, tout en restant conseiller communal, il annonçait prendre sa retraite et laissait sa place d'échevin à Stéphane Bernard. Mais le voilà prêt à reprendre la présidence de Toit&Moi. "Prendre sa retraite, ce n'est pas passer ses journées dans son fauteuil, devant la télévision. J'avais dit qu'il fallait laisser la place aux jeunes, le vote des électeurs manifestant un désir en ce sens. Mais j'avais dit aussi que je resterais à disposition de mon parti si je pouvais être utile. Nicolas Martin m'a demandé de reprendre la présidence de Toit&Moi, car il souhaite voir des projets importants avancer et j'ai la réputation d'être un homme sérieux et un homme de dossiers."