En 2019, la Région wallonne était alertée d’une pollution dans les alentours du broyeur à mitraille de Courcelles à la suite d’importants rejets de PCB par ses cheminées. Dans la foulée, les autorités décidaient de regarder de plus près les sept broyeurs à métaux que compte la Wallonie… Dont l’un est situé à Obourg. En 2020, l’Afsca décelait la présence de PCB dans les céréales destinées à l’engraissement de bovins dans deux fermées situées à proximité du broyeur de Comet Sambre.

Les démarches se sont poursuivies et des analyses plus poussées ont été menées. Afin de compléter celles-ci, les riverains sont désormais sollicités. Un courrier vient de leur être envoyé afin de les inviter à participer à un biomonitoring humain. Cette technique consiste à doser les polluants dans le corps, dans le sang, dans l’urine ou dans les cheveux afin de fournir une idée de l’exposition globale aux polluants.

Une fois ces prélèvements effectués, plusieurs questions devraient trouver réponse, à savoir : les polluants tels que les PCB, PBDE et métaux émis par les broyeurs se retrouvent-ils dans le corps des riverains ? Et les riverains voisins des broyeurs sont-ils plus exposés à ces substances que la population wallonne ?

"Cette étude sera réalisée sur les adolescents, qui constituent de bons témoins de l’exposition locale", précise-t-on du côté de l’Institut scientifique de service public. "Ils passent la majorité de leur temps dans un périmètre proche du domicile, se déplacent moins que les adultes et n’ont pas été exposés professionnellement. L’exposition que nous allons mesurer correspondra à celle des 10 à 20 dernières années, contrairement aux adultes dont les résultats refléteraient une exposition à plus long terme."

100 adolescents âgés entre 12 et 19 ans sont dès lors recherchés. Ceux-ci devront résider depuis au minimum cinq ans à proximité du broyeur de CometSambre. Les volontaires peuvent se manifester via un formulaire en ligne (biobro.issep.be/inscription) jusqu’au 21 avril prochain et seront invités à prendre part à un prélèvement de sang et d’urine, organisé au sein de la salle Calva de Maisières fin avril.

On notera encore qu’en parallèle, une étude sur les poussières domestiques sera menée. Elle consistera à mesurer la quantité de certains polluants dans les poussières intérieures des habitations des riverains via la collecte du contenu des sacs d’aspirateurs. Les échantillons seront regroupés par secteur (nord, sud, ouest, est) et analysés en fonction de celui-ci. "Le but sera de déterminer si la concentration en polluants varie d’un secteur à l’autre et par rapport aux zones non riveraines, pour lesquelles des échantillons seront également collectés." Là encore, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 21 avril prochain.