Le personnel est véritablement à bout et demande des solutions.

La situation est connue depuis des années mais elle ne s’améliore pas, que du contraire. Véritablement à bout, les agents pénitentiaires de la prison de Mons viennent de déposer en front commun (CSC, CGSLB, CGSP) un préavis de grève, comme le révèle Sudpresse. Le personnel espère obtenir des avancées et promet de durcir le ton si cela ne devait pas être le cas.

Il faut dire que la situation est préoccupante. "Notre première revendication, c’est que le cadre soit enfin rempli car aujourd’hui, nous devons faire des choix : nous délaissons certaines tâches, comme le nettoyage, le ramassage des poubelles et l’entretien au profit de notre mission première qui est d’assurer la sécurité", explique Mario Parlapiano, délégué-principal CSC.

Le plan de rationalisation voulu par l’ex-ministre de la justice, Koen Geens (CD&V) prévoit un cadre de 217 agents, là où l’établissement en comptait auparavant 232. Seulement voilà, l’effectif n’est pas atteint. "Il nous manque neuf agents. Nous n’avons pas d’autres choix que de délaisser certaines tâches alors qu’elles sont indispensables au bien-être du personnel et des détenus. Le personnel n’en peut plus, il est physiquement et psychologiquement épuisé."

Pour preuve, le taux d’absentéisme est élevé. "Comment avoir envie de venir travailler quand les détenus sont à cran, ce qui entraine plus d’agressivité verbale et physique ou que les rats, les cafards et les punaises prolifèrent ? La moindre averse entraine une inondation des ateliers, les murs sont envahis par la moisissure et des plafonds s’effondrent. Le personnel craque et c’est bien normal."

Le personnel réclame donc deux choses. D’une part, combler les effectifs, et d’autre part une rénovation profonde de la prison, ce qui n’a jamais été fait depuis sa construction… En 1867. "Tout est toujours question de budgets. Nous sommes conscients que la direction locale n’a pas toutes les cartes en main et que les finances sont toujours plus rabotées mais il est temps de trouver des solutions."

Rappelons que le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin (PS) plaide quant à lui pour une nouvelle construction en dehors de la ville. Un projet qui apaiserait évidemment les esprits mais le personnel reste prudent et sait que l’argent reste le nerf de la guerre.