Mons

Malgré quelques arrestations administratives et de vives tensions, la manifestation n'a pas dégénéré dans de grands affrontements.

Après avoir organisé des actions éparses en Wallonie, les gilets jaunes s'étaient donné rendez-vous à Mons ce samedi pour faire entendre leur voix. Ils étaient près de 400, venus d'un peu partout, à avoir répondu à l'appel.

"Le mouvement commence à se structurer", nous confie l'un des pionniers. "Au départ, nous avions créé un groupe de citoyens en colère pour protester contre les actions gouvernementales. Avant les gilets jaunes de France, nous avions commencé nos actions de blocage, à Feluy notamment. Nous avions mis des gilets jaunes pour être vus la nuit. C'est devenu un signe de ralliement et on nous a associés au mouvement français."

Si le prix du carburant a mis le feu aux poudres, les gilets jaunes rassemblés à Mons samedi entendaient élargir le champ de leurs revendications. Fiscalité, retraites ou même climat… "On défend notre tartine", résume un manifestant. "Surtout, nous sommes là pour nos enfants et nos petits-enfants, car ça ne peut plus continuer comme ça", soupire un couple de retraités.

Un itinéraire partant du centre commercial des Grands Prés et faisant une boucle à travers Mons aurait dû être emprunté. Mais très vite, les manifestants ont décidé de laisser libre cours à l'improvisation. La police a tenté de s'adapter à la situation. Mais des renforts de la police fédérale ont dû être appelés. Au total, une centaine de policiers et trois autopompes ont été mobilisés.

La tension est montée à plusieurs moments. Sur les 400 manifestants, une vingtaine d'agitateurs semblaient décider à en découdre avec les forces de l'ordre. Par miracle, la manifestation n'a pas débouché sur de violents affrontements. Du côté des gilets jaunes, certains se sont interposés à plusieurs reprises entre casseurs et policiers pour calmer le jeu. En fin de parcours, quelques heurts ont tout de même éclaté. Les policiers ont essuyé des jets de boulons, l'un d'entre eux a été blessé au visage. Quinze personnes ont par ailleurs fait l'objet d'une arrestation administrative.

En début de soirée, les manifestants quittaient Mons. Les autorités peuvent souffler, la Cité du Doudou n'a pas connu le même sort que la Ville Lumières. Quant aux gilets jaunes, ils sont bien décidés à réitérer l'expérience. "Il y aura une grande manifestation à Bruxelles en février. Nous sommes en contact avec d'autres mouvements et associations dont nous partageons bon nombre des revendications. Ça va prendre de l'ampleur", promet un gilet jaune.