Alléluia ! Voilà ce que doivent se dire les agents pénitentiaires de la prison de Mons. Depuis quelques jours, le SPF Justice a ouvert une offre d'emploi pour huit assistants de surveillance pénitentiaires. Pour y prétendre, il faut tout d'abord pouvoir prétendre à une Convention Premier Emploi et disposer au minimum d’un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur ou d’un autre diplôme équivalent. Des renforts arrivent mais il faudra encore patienter car la procédure est longue. Il ne s'agit d'ailleurs pas de la seule en cours.

Face à la nouvelle agression qui a eu lieu le 5 juillet dernier, le député Eric Thiébaut (PS) a interpellé le ministre Koen Geens (CD&V) en plaidant pour que des renforts arrivent le plus vite possible, que cela soit sous forme d’engagements de contractuels ou l’arrivée de gardiens en provenance d’autres prisons.

"Les gardiens de la prison de Mons sont confrontés à des problèmes récurrents que je dénonce depuis de nombreuses années", estime Eric Thiébaut. "On y déplore un manque chronique de personnel malgré la promesse d’engager des contractuels. L’absentéisme y est élevé étant donné les conditions de travail déplorables. L’enceinte est beaucoup trop vétuste et l’aile psychiatrique dispose de trop peu de places."

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Malheureusement, la réponse du ministre n’augure rien de très positif à court terme. La faute à la crise sanitaire mais aussi au manque d’attractivité de la prison de Mons. "L’ensemble des procédures de recrutement a dû être mis entre parenthèse suite à la pandémie", répond Koen Geens. "En découle un report de plusieurs mois. Concrètement, un appel à candidats a été réalisé au début du mois de mai et 223 candidats doivent passer devant un jury de sélection pour la région Hainaut-Brabant Wallon."

Problème : seuls 5 candidats peuvent être vus par jour. Il faut donc compter plus de 40 journées de sélection pour rencontrer l’ensemble des candidats, condition sine qua non pour pouvoir procéder au premier recrutement. "La période de vacances scolaires retarde également la mise en place de ces épreuves de sélection et la constitution des jurys. Mais l’administration pénitentiaire se mobilise pour mettre en place des jurys d’examen dès le mois d’août, de manière à pouvoir effectuer les premiers recrutements avant la fin de l’année."

Il n'y aura donc pas de renfort dans l'immédiat, que ça soit lié à un recrutement ou via une autre prison. "Les agents ne peuvent être déplacés vers une autre prison que sur base volontaire. Or, très peu d’agents sont volontaires pour travailler à la prison de Mons et leur déplacement consisterait à déplacer également le problème puisqu’il grèverait le cadre de la prison où ils sont actuellement affectés", ponctue le ministre.

"Il est temps d'envisager la construction d'une nouvelle prison"

Pour Eric Thiébaut, la prison est plongée dans un cercle vicieux qu’il convient de stopper au plus vite. "Les agressions se multiplient à cause du manque de personnel, en effet, celui-ci ne parvient plus à assurer certaines activités, comme les sorties quotidiennes dans la cour par exemple. Au-delà de ces considérations, je reste persuadé qu’il est grand temps d’envisager la construction d’une nouvelle prison, moderne et adaptée aux besoins actuelles."