Mons

Un nouveau préavis de grève devrait être déposé la semaine prochaine.

C'est avec tiédeur que les syndicats accueillent les mesures d'urgence annoncées pour la prison de Mons. Au cœur de leurs priorités, le traitement pour les punaises pose des interrogations. "L'entreprise désignée pour traiter la prison va revenir à une ancienne méthode, plus radicale, mais efficace. Le traitement par vapeur est abandonné, tant mieux, car ça n'avait pas fonctionné," note David Harmegnies de la CGSP. "Mais concernant le produit qui va être employé, nous nous posons des questions sur les quantités utilisées et l'impact sur la santé. La dernière fois, des collègues se plaignaient des odeurs et de maux de tête. Les prisonniers vont être évacués une demi-journée pour traiter leurs cellules. Est-ce suffisant, sachant qu'ils ne pourront pas nettoyer leur cellule avant 48 heures?"

L'engagement de personnel supplémentaire sous contrat Rosetta pour pallier le manque d'effectifs a aussi son revers de la médaille. "Nous avons des collègues à Bruxelles qui attendent leur mutation vers Mons depuis un certain temps déjà. Si d'autres personnes sont engagées sous plan Rosetta, ça veut dire qu'ils vont encore devoir attendre six mois ou un an", enchaîne Eric Domaniecki de la CGSP.

Les plans Rosetta, ce n'est pas la panacée pour la CSC non plus. "C'est la solution qui est appliquée pour résoudre le manque de personnel dans toutes les prisons, mais c'est un petit sparadrap", rappelle Didier Breulheid, délégué permanent de la CSC. "Certes, ça offre une petite bouffée d'oxygène au personnel déjà en place en renforçant les effectifs. Mais ce sont des personnes qui ne sont pas formées. C'est une solution limitée dans le temps qui passe par des contrats précaires. C'est donc loin d'être idéal."

Loin d'être rassurés, les syndicats maintiendront donc la pression. Une action symbolique en front commun aura lieu le 13 novembre. Un préavis de grève sera également à nouveau déposé. En fonction d'une session extraordinaire qui se tiendra avec le personnel la semaine suivante, les syndicats décideront des suites à donner.