Des petites fiestas entre co-koteurs, ça arrive. Mais à la rue de la Croix-Rouge, les résidents de la cité UpKot y vont beaucoup trop fort au goût des riverains. Les étudiants ne poussent pas seulement le bouchon trop loin, ils jettent même des tessons de bouteilles dans le jardin. Pire, les jeunes s’époumonent sur les balcons jusqu’aux petites heures du matin. Ce qui n’est pas sans poser des soucis aux voisins, surtout lorsqu’ils ont de jeunes enfants.

"Ça fait de mois que ça dure", soupire une voisine. "Avant, c’était une fois par semaine, généralement le jeudi. Ça ne dérangeait pas vraiment, c’est normal que les étudiants s’amusent un peu. Mais depuis quelques mois, les fêtes deviennent beaucoup plus fréquentes. Nous en avons eu plusieurs jours d’affilée récemment. Mes enfants manquent clairement de sommeil. Ça devient intenable."

Pour cette riveraine, ce n’est pas le confinement qui explique cette recrudescence de noubas. "Avant, nous avions un policier qui habitait dans la rue. Il a déménagé. Et depuis, les étudiants se lâchent", poursuit la riveraine.

Cette voisine de la cité estudiantine nous explique que plusieurs plaintes ont déjà été déposées. La police, les autorités communales et les responsables de l’UMons sont au courant de la problématique. Mais une solution semble pour l’heure difficile à trouver. "J’ai rendez-vous prochainement avec le médiateur de la Ville de Mons. J’espère que nous pourrons trouver une solution à l’amiable. Je ne tiens pas à faire infliger des sanctions aux étudiants. Et je comprends qu’il y ait des fêtes de temps en temps. Mais c’est franchement devenu invivable, surtout pour mes enfants qui n’arrivent plus à dormir."

Cette cité estudiantine, érigée en lieu et place d’un ancien commissariat, a été inaugurée en 2017. Elle est le fruit d’un partenariat entre l’UMons et UpKot. Elle comporte 151 places. Et sa gestion quotidienne est placée sous la responsabilité d’un "coach-concierge" employé par la société Upgrade Estate.

Néanmoins, du côté de l’UMons, on reconnaît quelques difficultés avec certains résidents de la cité estudiantine. Dès qu’elles ont été averties de ces troubles de voisinage, les autorités de l’université ont prié le concierge de veiller à la tranquillité des lieux, mais aussi au respect des mesures sanitaires. Plusieurs avertissements ont en outre été transmis directement aux étudiants-résidents par les services de l’UMons. "Cela n’a visiblement et malheureusement pas suffi pour faire revenir le calme", nous confie-t-on à l’université. "Cette fois, le Recteur, l’Administrateur et le 1er Vice-Recteur vont donc adresser urgemment un ultime courrier menaçant de rupture du contrat de bail tout fauteur de troubles qui serait désormais identifié. De plus, sur ce dossier, l’UMons est en contact étroit avec la Ville qui a alerté l’attention de la police."

Le Recteur a en outre réagi personnellement à la suite d’une énième plainte. Il a indiqué que le dossier était prioritaire et qu’il était temps de sévir, ajoutant que "l’UMons ne pouvait tolérer que certains de nos étudiants ne se soucient pas du respect des règles sanitaires alors que, pas loin de là, nos hôpitaux sont en première ligne face à la crise Covid."