Nous en parlons dans nos colonnes depuis plusieurs mois. Mais le projet de Boucle du Hainaut entre désormais dans une phase cruciale de sa concrétisation avec la demande de révision du plan de secteur. Cette étape marque le coup d'envoi d'une longue procédure de consultations, de récoltes d'avis et d'analyses. C'est pourquoi Elia, gestionnaire du réseau de transport d'électricité à haute tension et porteur du projet, a décidé d'enclencher une grande manœuvre de communication.

D'abord vis-à-vis de la population des quatorze communes concernées par le tracé de la future ligne à haute tension qui reliera Avelgem à Courcelles. Elia se rendra dans les différents conseils communaux pour répondre aux questions des élus locaux mais aussi sur différents marchés, via un camion spécial, pour informer directement les citoyens en questionnement. Une véritable nécessité pour bon nombre de personnes.

"Ces deux dernières années, nous avons avancé à notre propre initiative", explique Mélanie Laroche, chargée de communication du projet. "Il est important de débuter maintenant la procédure pour que les riverains puissent donner leur avis de manière impartiale et qu'il soit pris en compte. Les demandes seront traitées sur un même pied d'égalité par un bureau d'étude indépendant. Nous voulions vraiment intégrer les riverains dans la procédure pour qu'elle soit garante de la fiabilité des analyses."

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Elia attendra donc les propositions et les alternatives des citoyens dans les prochaines semaines. "Nous allons ensuite joindre toutes les remarques au dossier de base pour le déposer entre les mains du gouvernement", ajoute Maxime Habran, responsable du projet pour le département Community relations d'Elia. "Toutes les alternatives proposées seront ensuite étudiées dans le cadre du rapport sur les incidences environnementales."

En attendant, une vidéo officielle de présentation sera disponible les 24 et 25 septembre, en guise d'alternative à la réunion d'information préalable. De même, un site internet (www.boucleduhainaut.be) et un numéro gratuit (080018002) sont mis à disposition des citoyens. L'objectif étant clairement de rassurer la population.

C'est aussi ce qu'a tenté de faire le gouverneur du Hainaut Tommy Leclercq ce vendredi matin lors de la première conférence de presse du projet. "Il s'agit de l'intérêt général", insiste-t-il. "Dans mon rôle, je me trouve au carrefour des institutions du pays et j'espère jouer un rôle de facilitateur. Mais dans le processus de transition énergétique, ce projet d'infrastructures semble primordial. Il s'agit d'un véritable chaînon manquant au réseau électrique haute tension belge."

L'entreprise a d'ailleurs rappelé les quatre grands objectifs de la Boucle du Hainaut : assurer l’accès compétitif et abordable à l’électricité; augmenter la capacité d’accueil pour toutes les énergies renouvelables; soutenir l’attractivité économique en Wallonie, plus spécifiquement dans le Hainaut ; fiabiliser l’approvisionnement électrique pour les consommateurs.

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Le choix technologique réalisé s’est porté sur une liaison aérienne en courant alternatif et ce, au regard du niveau de tension (380 kV) et de la capacité de transport nécessaire (6 GW). "Sur base des nombreuses analyses et expertises réalisées au niveau européen, la technologie du courant alternatif est celle qui répond actuellement le mieux aux exigences de fiabilité, de flexibilité et d’approche prospective", explique Elia. "Par ailleurs, ce choix a été soumis à un groupe d’experts énergétiques issus du monde académique qui a rendu un avis positif formel."

Concrètement, la réalisation de la Boucle du Hainaut consiste à relier le poste à haute tension d’Avelgem (en Flandre) à celui de Courcelles. Un corridor de 200 mètres de large a été déterminé en passant par Mont-de-L’Enclus, Celles, Frasnes-les-Anvaing, Leuze-en-Hainaut, Ath, Chièvres, Brugelette, Lens, Soignies, Braine-le-Comte, Ecaussinnes, Seneffe, Pont-à-Celles et enfin Courcelles, sur une longueur de 84,8 km.

Il s’agit d’un processus de plusieurs années qu’Elia souhaite entamer en ce mois de septembre, par le dépôt du dossier de base au sein des administrations concernées par le projet. L’objectif étant de mettre la liaison sous tension à l’horizon 2028, au moyen de pylônes dits "compacts", pour limiter l'impact paysager.

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