En décembre dernier, une annonce en grande pompe avait été faite par la Ville de Mons et le nouveau réseau hospitalier HELORA qui prévoyaient la construction de cinq nouveaux hôpitaux dont l’un devait prendre place à l’avenue Wilson de Jemappes où 850 places et lits seront créés. Le CHU Ambroise Paré et Tivoli ainsi que le pôle hospitalier de Jolimont s’étaient réunis en ce sens pour constituer le nouveau réseau hospitalier HELORA. Bien que le projet semblait intéressant sur le papier, l’avenir des commerçants présents à l’avenue Wilson de Jemappes devenait plus qu’incertain.

Alors que Nicolas Martin, bourgmestre de Mons, annonçait "que l’avenir des commerces de l’avenue Wilson serait discuté de gré à gré avec les commerçants pour convenir d’une éventuelle relocalisation voire d’une expropriation si aucun accord n’est trouvé", force est de constater que, six mois plus tard, les commerçants et propriétaires restent dans le flou total.

Ces derniers ont donc décidé de publier une lettre ouverte à l’intention de la Ville de Mons et des autres porteurs du projet afin d’enfin y voir plus clair sur l’avenir de leur commerce. "La Ville a contacté les locataires de nos bâtiments mais aucun contact n’a été pris avec nous, propriétaires", confient Patricia Awouters et Marc Van Severen, propriétaires de bâtiments à l’avenue Wilson. "On ne sait rien et on ne nous propose rien. Nous n’avons aucun interlocuteur. Aucun des propriétaires n’a été contacté par la Ville de Mons. Pour les locataires, on leur a proposé d’exploiter une autre surface mais s’ils sont venus chez-nous, c’est pour profiter de la proximité avec l’autoroute. Nous avons contacté un avocat pour tenter d’avoir enfin des explications mais cela n’a rien donné."

Bien que les locataires aient été contactés, ils n'en restent pas moins inquiets pour leur emploi notamment. "Nos locataires sont très stressés, ils se demandent ce qu’il va advenir de leur emploi, de leur métier. Ils font venir des gens en leur proposant un logement à proximité du magasin pour qu’ils n’aient pas trop de route à faire, que vont-ils devenir maintenant ?", s’inquiètent Patricia et Marc. "Un locataire d’une personne qui nous est proche avait installé un restaurant asiatique et acheté 2-3 maisons en face pour y mettre ses employés. Il ne pensait pas qu’ils devraient déménager si vite. Il était même tellement intéressé par son magasin qu’il proposait de le racheter. Tout ça pour dire que les surfaces commerciales sont encore très prisées."

Quid de la durée avant expropriation ? Si les locataires et propriétaires peuvent encore rester plusieurs années, ils aimeraient le savoir. "La Ville décourage actuellement les locataires de venir louer des surfaces. Il y a des demandes mais la Ville leur dit de ne pas venir parce qu’ils vont nous exproprier", expliquent Patricia et Marc. "Nous apprenons de cette manière que nous allons être expropriés. C’est la méthode qui est très mauvaise. Faire traîner les choses comme ils le font (NDLR : La Ville de Mons), avec un refus systématique des locataires qui veulent venir chez nous n’est pas correct. Si on nous dit que l’hôpital ne sera jamais construit ou qu’il nous reste encore dix ans avant de partir, nous pouvons encore louer des surfaces jusqu’à ce moment-là."

En plus de leur avenir propre, ce couple de propriétaires se pose également des questions sur la localisation du site et l’avenir du personnel des hôpitaux de la région. "Le site Géothermia est énorme et quasiment aucune entreprise n’y est implantée. Tout y est déjà donc pourquoi ne pas implanter l’hôpital là ?", se questionnent-ils. "La Ville annonce que l’hôpital sera pourvoyeur d’emplois mais nous n’en sommes pas sûrs. Un regroupement d’hôpitaux va toujours dans le sens d’une restructuration. Nous travaillons tous les deux dans le secteur médical, nous savons donc que dans ce genre de cas, on ne garde pas les doublons."

Bref, les inconnues sont nombreuses aussi bien du côté des locataires que des propriétaires. Par leur lettre ouverte, ils réclament surtout des annonces concrètes ainsi que des échéances et délais. L’ensemble de leurs interrogations sont disponibles dans leur lettre ouverte ci-dessous.

De son côté, le Réseau hospitalier HELORA précise qu'il "n'a pas officiellement connaissance de cette lettre ouverte". Et de rappeler, par voie de communiqué, qu'il a "rencontré l’ensemble des locataires et propriétaires concernés par la future construction de l’hôpital, afin de définir leurs souhaits de relocalisation et leur proposer les meilleures solutions". Force est de constater que les parties, dont les avis divergent diamétralement, ne sont pas sur le point de trouver un terrain d'entente, contrairement aux déclarations initiales qui laissaient présager des accords à l'amiable.

© D.R.

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