Un documentaire marseillais se penche sur l’après capitale culturelle.

Que se passe-t-il quand une capitale culturelle remet son tablier ? Le cinéaste Nicolas Burlaud a répondu à la question au travers d’un documentaire, La Fête est finie. Diffusé au collège Saint-Stanislas en novembre dernier devant une poignée de spectateurs seulement alors que la question a toute sa place à Mons, le film nous plonge dans les coulisses de Marseille 2013.

"Il m’a fallu du temps pour trouver le ton juste", explique le réalisateur. "Durant les festivités, il y avait une ferveur générale. La plupart des gens semblaient hypnotisés par le spectacle et les paillettes. Ce n’est qu’après qu’ils ont commencé à se poser des questions sur ce qui s’était passé à Marseille en 2013. On a assisté cette année-là à une énorme opération de gentrification."

Sans se poser en donneur de leçons, Nicolas Burlaud offre à voir la métamorphose de vieux quartiers populaires. Une métamorphose qui ne s’est pas faite en douceur. Dans le cadre de Marseille 2013, beaucoup d’argent a été injecté dans la cité phocéenne. Des projets immobiliers ambitieux ont vu le jour. Mais il a fallu d’abord chasser les habitants des quartiers populaires et raser les vieilles bâtisses pour ériger de buildings de standing.

Le projet ne date pas d’hier. En 2003, Claude Valette, adjoint au maire, déclarait : "On a besoin de gens qui créent de la richesse. Il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la ville. Le cœur de la ville mérite autre chose". Marseille 2013 aura ainsi permis de mettre le plan à exécution, la culture servant finalement de cheval de Troie. Un propos soutenu par la voix-off du documentaire qui récite des passages de l’Iliade.

Et à Mons ? Nicolas Martin, alors bourgmestre faisant fonction, n’avait-il pas déclaré en 2013 dans les colonnes du Vif : "Pour Mons 2015, ce qui nous intéresse, ce n’est pas la culture en soi, mais bien tous ces investisseurs privés qui, à la faveur de l’événement, viennent investir dans le logement, les centres commerciaux, etc. Mons 2015 est d’abord une carte de visite pour le développement de la région" ?

Bien sûr, à la différence de Marseille, il n’a fallu chasser personne à Mons pour ériger de nouveaux buildings. Évidemment, l’intention de développer Mons et sa région est louable. Mais la culture dans tout ça ? Quel sens lui donne-t-on ? Jacques Dapoz n’a sans doute pas fini de poser la question.