Le sujet avait encore récemment fait débat et avait notamment poussé la ministre des pouvoirs locaux, Christophe Collignon, à ordonner qu’un audit soit effectué dans les asbl provinciales, dont la gestion se voulait parfois quelque peu « opaque. » Du côté de la Province de Hainaut, on annonce que l’objectif de rationalisation des asbl sociales est pratiquement atteint.

En 2018, le Conseil provincial décidait de réduire le nombre d’ASBL par la fusion ou la transformation en régies ordinaires. Interrogé ce mardi par la conseillère provinciale Dorothée De Rodder sur la concrétisation de cette restructuration "essentielle à la gouvernance", le Député Eric Massin a fait le point sur l’avancement de ce dossier "difficile qui ne pouvait pas impacter le personnel lié à ces ASBL."

Ce plan visait 38 ASBL et le travail s’est fait progressivement. "Pour chacune d’entre elles, notre Audit Interne Provincial, en collaboration avec le département y afférent, a réalisé une profonde analyse", a précisé Eric Massin. "Vérification de la bonne gestion, pertinence du domaine d’activité et ce, dans un souci, d’optimalisation des services et des prestations."

Plusieurs ASBL en raison de leurs missions ou d’aspects liés au subventionnement, ont été maintenues. C’est le cas de Hainaut Culture, du BPS22 ou encore de Hainaut Développement Gestion. "Sur l’ensemble des ASBL provinciales, 22 ASBL sont toujours actives mais sont en cours d’analyse. On peut déjà dénombrer 17 dossiers clôturés. À court ou moyen terme, ce travail d’analyse aboutira au maintien de 12 ASBL : Hainaut culture, BPS22, le Cid, le CARAH, les Voies d’eau du Hainaut, le Relais de la Haute Sambre, le Moulin de la Hunelle, Métalgroup, Hainaut Seniors Gestion, HD Gestion, Teralis et le Centre informatique du Hainaut – CIH."

Dans cette dynamique, la Province de Hainaut "s’est particulièrement attachée à simplifier les ASBL relevant de l’action sociale." Mais la crise sanitaire a ralenti ce travail, qui accuse désormais un an de retard. "L’urgence était d’assurer le bon fonctionnement de nos institutions, de garantir les services proposés à nos bénéficiaires tout en concrétisant cette réduction", souligne le député en charge de la politique sociale.

A ce jour, plusieurs ASBL sociales sont d’ores et déjà passées en régie : l’IES Ghlin depuis juillet 2019, l’IMP de Marchienne-au-Pont et les Tourelles depuis le 21 mai 2021, l’Ecole Clinique de Montignies-sur-Sambre et le Roseau vert depuis le 19 novembre 2021. Le passage en régie de l’IMP de Marcinelle et celui de l’IMP de La Louvière sera effectif le 20 mai. Quant à l’ABEHCAR (Centre Arthur Regniers), il deviendra une régie au plus tard pour le 1er juillet 2023.

Cette année, l’ASBL "Vers la Vie" dont les activités seront reprises par l’ASBL "Hainaut Seniors Gestion", sera dissoute. L’association, dont la nouvelle appellation devrait devenir «Hainaut Citoyenneté», continuera d’œuvrer à l’inclusion, la sensibilisation des personnes en situation de handicap ainsi qu’à une politique active à destination des Seniors, sans oublier la citoyenneté. Notons que les Entreprises de Travail Adapté (ETA) ne peuvent fonctionner que sous une forme d’ASBL mais que prochainement, le Conseil provincial actera la fusion des ETA "Les Criquelions" et le "Roseau vert."

"Dès lors, à la fin de ce plan, sur les 16 entités initiales relevant de l’Action sociale, il ne demeurera plus que 5 ASBL, dont 4 au niveau des ETA", confirme Eric Massin. "Cette restructuration générale a permis la mise en place d’un cadre et de règles communes à l’ensemble des IMP provinciales, de résoudre la problématique des mises à disposition du personnel. Les Régies provinciales ordinaires sont obligées de recourir aux marchés publics provinciaux qui, pour certains, ne correspondent pas nécessairement à leurs besoins ou métiers mais progressivement, les besoins spécifiques des structures d’accueil et d’hébergement y seront intégrés."

De nouvelles manières de fonctionner qui, globalement, génèrent plus d’avantages que de difficultés grâce notamment à un suivi mensuel des régies par l’Inspection générale des Finances.