Mons

L'auteur du tir mortel qui a tué Mawda, le policier issu du WPR Hainaut, a été entendu ce vendredi.

Ce vendredi matin a débuté une nouvelle reconstitution de "l’affaire Mawda", du nom de cette petite fille tuée par la balle d’un policier en mai 2018 alors qu’elle tentait, aux côtés de ses parents et d’autres migrants de fuir les autorités. Les faits s’étaient produits sur l’autoroute E42, à hauteur de Maisières, en direction de la France. Toute la lumière n’a pas encore pu être faite sur ce drame, qui avait secoué le pays et relancé une fois de plus le débat sur la problématique migratoire.

Le policier a toujours affirmé qu’il ne savait pas qu’il y avait des migrants à bord de la camionnette. Sa seule volonté aurait été d’obliger le conducteur à s’arrêter alors que celui-ci poursuivait sa fuite. "Le policier qui a tiré a donné sa version des faits, il tente d’expliquer le drame. Les circonstances sont d'autant plus difficiles pour le policier que le papa de Mawda est présent", expliquait en début d’après-midi Me Thomas Gillis, avocat du chauffeur présumé de la camionnette occupée par les migrants. "Naturellement, dans une reconstitution, chaque partie donne sa version des faits. Mais il reste énormément de questions sans réponse." 

"La personne qui a tiré a énormément de difficulté à expliquer les faits, comment les choses se sont déroulées avant d’en arriver à un tir fatal."

Selon nos informations, les explications du policier entreraient, sur certains points factuels, en contradiction avec les éléments matériels du dossier. Idem concernant la communication,que l'on a dit défaillante, entre les cinq véhicules de police lancés à la poursuite de la camionnette de migrants. Points sur lesquels Me Gillis, cette fois, s'est refusé à tout commentaire.

Les collègues du policier seront également entendus aujourd'hui, vendredi. "C’est une reconstitution assez profonde. Et c’est très bien car nous cherchons tous la vérité. Tout le monde espère avoir des réponses dans ce drame", commente Me Thomas Gillis.