Le dossier Recotri continue à faire des vagues à Ghlin. Alors qu'une demande de permis est en cours pour construire une centrale à béton et un centre de traitement de terres excavées, ce sont les dernières déclarations de Céline Tellier qui ont provoqué des remous chez les riverains.

Interrogée en commission, notamment sur les traces de pollution découvertes sur le site de l'entreprise, la ministre wallonne de l'Environnement a déclaré que selon les documents en sa possession, Recotri ne présentait aucun danger pour les riverains. Chez les premiers intéressés, on s'étrangle.

"On nous dit que la pollution en métaux lourds et autres est historique et antérieure à l'activité de Recotri. Mais nous avons toute une série de documents qui nous permettent d'en douter sérieusement", explique le porte-parole du collectif Vigilance Pollution Santé Ghlin. "C'était un terrain agricole jusqu'à la fin des années 60. Puis il y a eu une malterie avant Recotri. On stockait du grain à usage alimentaire. Difficile de croire que cela ait pu entraîner une telle pollution. D'après les documents que nous avons, il y a eu des visites sur le site du temps de la malterie. On y parle d'émanation de poussières. Mais pas de pollution comme celle que l'on connait maintenant."

Une étude de sol comme celle qui vient d'être réalisée et qui a découvert les traces de pollution n'avait toutefois pas été réalisée du temps de la malterie. Mais pour le collectif, pas besoin d'être Sherlock Holmes pour suspecter l'origine. "Ça fait trois ans qu'on signale que Recotri déverse des terres contaminées sur un sol nu. Et c'est maintenant qu'on retrouve la pollution. Pour nous, ce n'est pas uniquement sur quelques zones limitées. C'est tout le site qui est pollué", poursuit le porte-parole. "Difficile de croire qu'il n'y a pas de danger pour les riverains. Les polluants recensés ne sont pas anodins. Il y a une habitante à la rue de Condé qui a un potager juste à côté de l'endroit où l'on déverse les terres. Des captages destinés à la distribution sont tout proches. Les riverains retrouvent régulièrement de la poussière chez eux. Et il faudrait croire qu'il n'y a aucun danger? Nous sommes stupéfaits par les déclarations de la ministre."

Prudente, la ministre Tellier avait bien précisé que son constat se basait sur les documents en possession de son administration. Pour les riverains justement, il y a un fossé énorme entre ce qu'ils vivent et constatent d'une part, et les informations qui remontent aux autorités d'autre part.