Le montant alloué à l'abbaye doit encore être discuté au sein du gouvernement

Ils avaient mis les petits plats dans les grands et ont fait mouche. Mercredi, la direction du collège Notre-Dame de Bonne-Espérance et les Compagnons de l'abbaye, soutenus par diverses associations actives au sein de Bonne-Espérance ainsi que par des représentants de la commune d'Estinnes, accueillaient René Collin, ministre wallon du Patrimoine.

Plus qu'une simple visite de courtoisie. Tout ce joli petit monde souhaitait en effet présenter les résultats des derniers travaux de rénovation. Le prédécesseur de René Collin, Carlo Di Antonio, avait en effet signé en 2013 un plan-cadre pour quelque 2,7 millions d'euros. Ce plan se termine en 2018. Il a déjà permis de restaurer la façade principale, l'aile de l'école primaire et la façade du réfectoire des moines.

Mais il y a encore du pain sur la planche. Et pour prouver la nécessité d'injecter des deniers publics dans ce joyau du patrimoine wallon, rien de tel qu'une visite sur place. René Collin n'est pas resté insensible aux charmes de cette abbaye fondée en 1130 et qui a la particularité d'avoir été épargnée par les tourments de la Révolution française. "J'en avais entendu parler et je l'avais déjà découverte en images. Mais c'est encore plus beau que je ne l'imaginais", s'est exclamé le ministre.

Des travaux de restauration sont cependant encore nécessaires. Le bureau d'architectes Moulins & Associés, en charge du dossier, a dressé la liste des chantiers qui doivent encore être menés : toitures de l'école primaire et du cloître, parements extérieurs, réfectoire des moines, ancienne cuisine, salle capitulaire ou encore bibliothèque des moines… L'abbaye de Bonne-Espérance nécessite encore quelques coups de bistouri pour parfaire son lifting.

René Collin en a pris note et s'engage à poursuivre sur la lancée de Carlo Di Antonio. "Je remercie l'architecte d'avoir eu la délicatesse de ne pas faire l'addition finale de tous les montants nécessaires", a d'abord lancé le ministre en boutade. "Beaucoup de choses ont déjà été faites et il est nécessaire de poursuivre. L'abbaye fait partie des 400 sites classés sur le patrimoine exceptionnel de Wallonie. C'est aussi un lieu de pédagogie fréquenté par de nombreux élèves. Le tourisme, qui occupe 60.000 emplois dans notre région, offre par ailleurs un potentiel de développement important. Nous devons donc poursuivre ces travaux indispensables. C'est pourquoi je vais prolonger de 5 ans l'accord-cadre qui avait été signé. J'ai déjà une idée du montant de l'enveloppe annuelle, mais je dois encore en discuter avec mes partenaires du gouvernement."

Bonne nouvelle pour les Compagnons de l'abbaye donc. S'il reste beaucoup à faire, l'association espérait obtenir une enveloppe de près de 5 millions pour poursuivre les phases suivantes. Le ministre du Patrimoine ne s'est pas avancé sur les chiffres, mais les Compagnons sont déjà heureux d'avoir pu décrocher un engagement. D'autant plus que René Collin est convaincu que cet argent ne sera pas jeté par les fenêtres. "Une étude du secteur de la construction rapporte que l'argent injecté dans le patrimoine est celui qui génère le plus d'emploi", souligne le ministre pour conclure. "Une enveloppe d'un million d'euros permet de créer 12 emplois directs. En comptant les emplois indirects, on arrive même à 18." Il y a donc du travail à la clé pour Bonne-Espérance.