Le conseil communal qui devait se tenir lundi, d'abord en présentiel puis par visioconférence, a finalement été reporté au 28 octobre au terme de quelques jours mouvementés pour les édiles montois. Durant le week-end en effet, tenant compte de la flambée de l'épidémie de coronavirus, Mons en Mieux demandait de reporter la séance. Dans la foulée, le bourgmestre Nicolas Martin annonçait que le conseil se tiendrait par visioconférence. Lundi matin, les conseillers se voyaient proposer un test technique à 14h pour la séance du soir. Peu après midi, les conseillers apprenaient que le test était annulé. Mons en Mieux demandait alors de reporter le conseil. En fin de journée, une grosse heure avant la séance, les élus apprenaient que la séance était finalement reportée au 28 octobre.

"On n'a jamais vécu ça", peste John Joos qui devait officiellement devenir conseiller indépendant lors de la séance. "Comment la publicité du conseil et la présence du public allaient-elles être assurées dans un délai aussi court? C'est une question de respect pour la démocratie. Ni les citoyens ni les conseillers ne sont à la disposition du collège. Pousser l’administration à organiser dans un si court délai un conseil virtuel pour une première fois, alors que l’opposition réclame raisonnablement son report, est questionnant. Encore une belle démonstration d’"égocratie" au détriment de tous les autres conseillers et des citoyens."

En annonçant le report du conseil, le collège n'a pas manqué d'égratigner Mons en Mieux. Tous les partis, de la majorité et de l'opposition, auraient accepté de se plier à l'urgence de la situation à l'exception du mouvement emmené par Georges-Louis Bouchez. Le coupable de ce cafouillage était tout désigné. "C'est assez scandaleux de la part de la Ville, mais on y est habitué: pour cacher leur amateurisme, ils insultent les autres", réagit le chef de file de Mons en Mieux. "Déjà en mars, nous demandions de pouvoir organiser les conseils communaux par visioconférence. Ça n'a rien de nouveau. Mais lundi, nous ne savions toujours rien du fonctionnement, de la publicité des débats ou encore du comptage des votes. Le collège a agi dans la précipitation. Si je n'avais pas soulevé le problème samedi, ils comptaient réunir une soixantaine de personnes alors que les chiffres de l'épidémie sont alarmants. C'est un peu trop facile de nous rejeter la faute et de faire croire qu'avec ce report, nous compromettons certains dossiers qui devaient passer lundi. Tant que ces dossiers passent dans le mois, rien n'est compromis. Mais c'est la méthode Martin qui consiste à salir et salir encore notre image, alors qu'un groupe de la majorité est surtout censé gérer la ville. Cela confirme ce que John Joos disait sur les réunions des conseillers PS, le fond des dossiers n'est pas abordé, mais on y discute surtout de savoir comment attaquer Mons en Mieux."

David Bouillon regrette également le report. "Avec la crise sanitaire, il y a des dossiers urgents à traiter. Je pense qu'il y a tout de même des salles assez grandes comme Mons Expo pour permettre de tenir un conseil communal tout en garantissant le respect des normes sanitaires", commente le conseiller indépendant. Du côté du CDH, on déplore cette situation. "On a joué sur la dimension purement administrative du délai de convocation pour compromettre la bonne tenue du conseil. Nous étions prêts à le faire en présentiel ou, si les distances ne pouvaient pas être respectées, par visioconférence. Lundi ou même mercredi, comme cela nous avait été proposé. Mais il a fallu reporter de crainte d'un recours à la Région wallonne sur le délai de convocation. Je pense que nous ne gagnons rien dans cette affaire, c'est déplorable", réagit Yves André, conseiller CDH. Dans les rangs du PTB, on était prêt pour un conseil en ligne mardi ou mercredi. "Cela ne convenait pas à MeM, donc on prend acte que c'est reporté à la semaine prochaine", commente John Beugnies. "Espérons que techniquement tout soit bien au point à ce moment-là afin de ne pas perturber le déroulement du conseil communal. Ce qui est important, c'est que les Montois puissent suivre via le Facebook live et ce malgré le fait qu'il se fera à distance pour les conseillers sinon on aura un problème et on ne l'acceptera pas. La séance doit être publique."

Du côté de la Ville, on était prêt. Du moins techniquement. Il était même prévu d'installer à l'hôtel de ville les quelque conseillers qui ne disposaient pas du matériel ou des compétences nécessaires pour participer au conseil en ligne. "Depuis le début de l'épidémie, de nombreuses réunions se font déjà par visioconférence. Nous sommes rodés et ça nous a permis de mettre tout l'arsenal en place en une journée seulement. Le comité de concertation s'est en effet tenu vendredi et l'arrêté ministériel est arrivé dimanche. Nous avions réagi très rapidement pour pouvoir organiser en une journée un conseil en ligne." Si la réaction a été rapide, l'anticipation aura été moins efficace pour permettre la tenue d'un conseil lundi. Cela fait pourtant un moment que la deuxième vague a pointé le bout de son nez et on sait depuis plusieurs mois qu'en matière de courbes, tout va très vite avec cette épidémie. Gouverner, c'est prévoir dit-on. Il semble que le précepte fait trop souvent défaut dans cette crise du coronavirus.