Mons Le syndicat estime que l’avocat est “juge et partie” dans les dossiers du Logis

Le député wallon et avocat saint-ghislainois Pascal Baurain semble s’être attiré les foudres du SETca Mons-Borinage. Patrick Salvi, secrétaire régional, dénonce en effet, dans un communiqué, la manière dont “le député wallon exerce son mandat politique”, estimant qu’il était juge et partie dans les dossiers traités au niveau du logis saint-ghislainois.

L’avocat est en effet engagé depuis de nombreuses années dans la défense des plus démunis, et notamment des allocataires sociaux. “Sa famille politique, le cdH, qui est présente au sein du conseil d’administration du logis, prend position sur des dossiers relatifs aux locataires, positions qu’il conteste ensuite en tant qu’avocat. Pire, il se sert de certains éléments débattus au CA pour alimenter son dossier juridique de défense des locataires.”

Et de citer un exemple récent. “Nous venons encore de le vivre dans le cadre d’un dossier d’expulsion, décidée à l’unanimité par le CA, suite à l’agression et aux menaces sur deux employés. Monsieur Baurain a demandé le report d’audience auprès du juge de paix pour des compléments d’informations dans son dossier de défense.”

Pour Patrick Salvi, la situation est plus que déplaisante. “Ce n’est pas nouveau mais c’est particulièrement agaçant. Nous tentons de protéger nos travailleurs, victimes d’agression. Pascal Baurain n’agit pas en tant qu’avocat mais à des fins électoralistes. Il y a conflit d’intérêt. Nous estimons que s’il veut continuer à défendre les allocataires, le représentant cdH doit quitter les débats du CA lorsque cela s’avère nécessaire.”

Des propos qui font bondir le principal intéressé. “L’amalgame opéré est purement scandaleux, j’ai des difficultés à réprimer ma colère” , réagit Pascal Baurain. “Lorsque je suis entré au barreau en 1998, je me suis immédiat engagé auprès des plus fragilisés. Venir dire aujourd’hui que c’est à des fins politiques, c’est n’importe quoi.”

Quant aux accusations concernant son intervention contre le Logis, l’avocat parle de “tissus de mensonge”, arguant qu’à aucun moment il n’a tenté de gagner du temps dans le dossier concerné ou n’a usé de documents sortis du conseil d’administration par le représentant cdH. “Force est de constater que lorsque l’on n’a plus d’arguments sur le fonds, on attaque sous la ceinture. Je n’ai rien à me reprocher, je suis extrêmement serein.”

Le député wallon n’envisage aucune action contre le SETca, tandis que celle-ci annonce son intention d’envoyer un courrier à Benoît Lutgen, président du cdH.