Ce sont de véritables opérations de sauvetage qui s’organisent depuis déjà plusieurs semaines dans l’entité de Saint-Ghislain et dans les communes voisines. Et pour cause : en cette saison, les batraciens empruntent leur route de migration pour rejoindre la mare qui les a vu naître. Autant écrire que le périple n’est pas sans risque et que nombreux sont ceux qui y perdront la vie, écrasés par les roues d’une voiture. Pour éviter ces hécatombes, des bénévoles se mobilisent.

Ce vendredi soir, ils seront encore à l’œuvre sur plusieurs sites réputés dangereux. "Dès 19h30, nous serons en action le long de l’avenue Goblet, à la rue des Bolus, à la rue Rouge Fontaine et à la rue des Criquelions à Baudour, à la rue d’Herchies à Hautrage et, si nous avons suffisamment de bénévoles, à la rue de la Croix Cailloux à Villerot, à la rue Simonis à Sirault et à la rue du Château Brulé à Hautrage", annonce Daniel Debracker, coordinateur des opérations à Saint-Ghislain.

"Trois sites sont régulièrement pris en charge, nous espérons pouvoir en ajouter deux ce soir. Mais l’avenue Goblet reste notre principale préoccupation car elle est très meurtrière. Malgré les signalisations, trop peu d’automobilistes respectent les limitations de vitesse." Des excès de vitesse qui mettent en danger les bénévoles désireux d’aider les batraciens à traverser ces routes en toute sécurité.

"Cette année, avec le soutien du plan communal de développement et de la nature (PCDN), nous avons opté pour des bâches, installées le long des zones de passage. Ce qui nous permet, nous bénévoles, d’opérer en relative sécurité, et lorsque nous sommes présents de bloquer le passage des batraciens. En notre absence, des ouvertures sont évidemment prévues pour permettre leur passage."

Au cours des prochains jours, les bénévoles devraient avoir à gérer les traversées vers aussi les premiers retours de batraciens. "C’est une espèce de chassé-croisé qui n’est pas simple à gérer. Nous ne pouvons malheureusement pas être partout. C’est pour cette raison que nous avons besoin d’un maximum de bénévoles. Ces dernières années, les populations de batraciens ont fortement diminuer."

Les amphibiens sont pourtant un maillon important de la chaine alimentaire puisqu’ils sont à la fois prédateurs et proies. Il est donc indispensable de les préserver. La campagne de sauvetage s'étendra jusqu'à la mi-avril au moins.